Le commerce illicite du pétrole en Libye aggrave les divisions politiques et l'instabilité
Les vastes réserves pétrolières de Tripoli, gérées par la National Oil Corporation (NOC), sont devenues un foyer d'activités illicites, exacerbant les rivalités politiques et l'instabilité nationale. L'administration de l'Est, alliée à Khalifa Haftar, et le gouvernement de Tripoli, dirigé par Abdul Hamid Dbeibah, sont tous deux impliqués dans ces opérations. La faction de l'Est a autorisé des entités privées comme Arkenu Oil Company à exporter du pétrole de manière indépendante, contournant ainsi les circuits officiels et générant plus de 600 millions de dollars de revenus. Parallèlement, le gouvernement de Tripoli peine à endiguer la contrebande de carburant, l'essence subventionnée vendue à 0,150 dinar libyen le litre alimentant le marché noir. Ces réseaux de contrebande, impliquant des groupes armés et des collaborateurs internationaux, compromettent la stabilité économique et entravent les efforts d'unité nationale. Les initiatives internationales, comme l'opération Irini de l'UE, n'ont eu qu'un succès limité pour endiguer ces trafics illicites, mettant en évidence l'interaction complexe entre incitations économiques et fragmentation politique en Libye.
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