Par RadioTamTam avec AFP
La France a engagé une frégate antiaérienne dans la mission navale de l’UE chargée de contrôler l’embargo sur les armes pour la Libye, a annoncé jeudi l’état-major des Armées françaises.
«Depuis le lundi 4 mai 2020, la frégate anti-aérienne Jean Bart est engagée dans le cadre de l’opération de l’Union européenne EUNAVFOR MED IRINI», a-t-il indiqué dans un communiqué.
Irini a déployé ses moyens dans la partie orientale de la Méditerranée afin de contrôler tous les navires soupçonnés de transporter des armes et des combattants vers la Libye où un conflit – qui a fait des centaines de morts et plus de 200.000 déplacés – fait rage.
«Le bâtiment français patrouillera en Méditerranée centrale, et contribuera, grâce à ses capacités de reconnaissance et de détection à prévenir les risques d’instabilité dans la région, en coopération avec les autres moyens engagés par les partenaires européens», a ajouté l’état-major français. Ce «soutien direct» fait suite au déploiement pendant quelques jours de la frégate légère furtive Aconit, qui «poursuit désormais sa route en mer Méditerranée», est-il précisé.
Irini prend le relais de l’opération Sophia lancée en 2015, mais avec un seul mandat: faire respecter l’embargo imposé par les Nations unies sur les livraisons d’armes à la Libye. Plus d’un an après le début de l’offensive du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est de la Libye, contre la capitale Tripoli, siège du Gouvernement d’union nationale (GNA), les combats font toujours rage au sud de la capitale.
Ce conflit en Libye a été exacerbé par des ingérences armées étrangères, avec d’un côté les Emirats arabes unis et la Russie soutenant le maréchal Haftar, et de l’autre la Turquie appuyant le GNA. Fin janvier à Berlin, les pays impliqués dans le conflit se sont engagés à respecter un embargo sur les armes et à soutenir un cessez-le-feu, mais les deux camps ont continué à être approvisionnés en armes et en mercenaires par leurs alliés, selon l’ONU.
Les navires de l’opération Irini interviendront dans des zones à l’écart des routes empruntées par les passeurs, une condition exigée par l’Autriche et la Hongrie qui estiment que la nouvelle mission militaire européenne ne doit pas avoir pour effet d’attirer les passeurs.
La Libye est un pays de destination et de transit vers les côtes européennes pour des milliers de migrants africains. Des centaines d’entre eux meurent tous les ans en traversant dans des conditions extrêmes la Méditerranée vers l’Italie.