Ecoutez le podcast
Le gouvernement du Burkina Faso a procédé à un remaniement ministériel à forte portée symbolique, marqué par une refonte des dénominations de plusieurs portefeuilles stratégiques.
Par décret publié le 12 janvier, l’exécutif burkinabè a officialisé une nouvelle architecture gouvernementale, désormais composée de 22 ministres, sans modification du format global de l’équipe.
Le changement le plus notable concerne le secteur sécuritaire : le ministère de la Défense devient officiellement ministère de la Guerre et de la Défense patriotique, traduisant une inflexion sémantique assumée et un durcissement du registre institutionnel. Cette évolution intervient dans un contexte de lutte armée persistante contre les groupes jihadistes et de militarisation accrue de l’action publique.
Au-delà du portefeuille de la Guerre, d’autres ministères connaissent une transformation nominale significative.
Malgré ces changements, une stabilité politique relative est maintenue. Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo est reconduit, tout comme plusieurs ministres régaliens, confirmant la volonté de continuité au sommet de l’État.
Cette évolution s’inscrit dans la ligne idéologique portée par le régime issu des coups d’État de 2022, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré. Depuis son arrivée au pouvoir, le chef de l’État a adopté un discours de guerre totale, de souveraineté nationale radicale et de mobilisation populaire permanente.
Cette transformation sémantique de l’appareil d’État n’est pas neutre. Elle peut être interprétée comme le prélude à une intensification des efforts militaires, tout en installant durablement un narratif de mobilisation permanente.
Plusieurs analystes soulignent cependant le risque d’une normalisation de l’état d’exception, susceptible de restreindre davantage l’espace civique et les libertés publiques, au nom de l’unité patriotique. L’impact réel de ces changements sur la situation sécuritaire reste, à ce stade, difficile à évaluer.
L’appellation « Serviteurs du peuple » se veut un marqueur de rupture avec une administration jugée bureaucratique. Cette rhétorique place toutefois le régime face à des attentes populaires élevées. Les résultats concrets sur le terrain seront déterminants pour crédibiliser cette nouvelle architecture institutionnelle.
Cliquez ici pour soutenir notre travail. Votre don de 2€ mensuel est notre force
⤠Répondez à ce message et discutons-en.
Contacter RADIOTAMTAM AFRICARADIOTAMTAM AFRICA vous partage une offre exceptionnelle proposée par notre partenaire RadioKing
C’est le moment idéal pour lancer votre propre radio en ligne, moderniser votre site web radio, ou renforcer votre diffusion audio et podcast à moindre coût.
PROFITEZ DE L’OFFRE MAINTENANT