Comment le capital propre de l'Afrique peut alimenter son avenir

Note de la rédaction
Économie • Financement • Croissance • Réformes
30 janvier 2026
Lettre économique — Semaine

Cette lettre d'information économique de la semaine analyse comment les gouvernements, les financiers et les entrepreneurs africains remodèlent l'avenir économique du continent de l'intérieur, en mobilisant des capitaux nationaux et en assouplissant les règles des transactions, en obtenant des financements moins chers, en rouvrant les secteurs miniers et en adoptant de nouveaux modèles de financement.

Pourquoi c'est important

Ces évolutions témoignent du renforcement constant, sur le continent, de sa capacité à financer la croissance, à gérer les risques et à convertir les ressources, les réformes et l'innovation en un développement durable, selon ses propres conditions.

Format
Dix reportages. Cinq minutes.
Un regard plus clair sur l'Afrique d'aujourd'hui.
RADIOTAMTAM AFRICA • La Parole est une Force
#Afrique #Économie #Financement

1. Comment le capital propre de l'Afrique peut alimenter son avenir

Le défi du développement en Afrique ne réside plus dans un manque de capitaux, mais dans un manque de coordination pour les déployer efficacement. Le continent détient déjà plus de 2 400 milliards de dollars d'actifs institutionnels, pourtant la majeure partie de ce capital reste immobilisée dans des titres d'État plutôt que dans des secteurs productifs comme les infrastructures et l'industrie manufacturière. Cette allocation prudente reflète davantage des contraintes réglementaires et des systèmes d'incitation que le manque d'ambition. Paradoxalement, les investisseurs internationaux se montrent souvent plus enclins à prendre des risques pour les opportunités africaines que les capitaux nationaux. De manière encourageante, des efforts coordonnés, tels que les partenariats public-privé qui prennent de l'ampleur au Kenya, commencent à libérer le potentiel d'investissement national. Avec la croissance des actifs de retraite et l'émergence de plateformes sectorielles comme l'Association panafricaine des gestionnaires de fonds, la tâche urgente est claire : relier l'épargne considérable de l'Afrique à ses propres opportunités de développement afin de bâtir un avenir autofinancé.

2. L'Afrique du Sud s'efforce de simplifier les règles en matière de fusions-acquisitions.

L'Afrique du Sud s'apprête à assouplir les règles relatives aux fusions-acquisitions afin de réduire les formalités administratives et les coûts pour les entreprises dans une économie atone. Le ministère du Commerce, de l'Industrie et de la Concurrence a proposé de relever les seuils minimaux déclenchant l'obligation de déclaration aux autorités de la concurrence, ce qui réduirait le nombre d'opérations nécessitant une approbation réglementaire. Selon le projet de réforme, les seuils minimal et maximal de déclaration des fusions seraient tous deux augmentés de manière significative, ce qui permettrait de réduire les frais juridiques et d'accélérer les délais de transaction. Ces réformes visent à alléger les contraintes réglementaires pour les entreprises tout en encourageant l'investissement dans une économie qui peine à dépasser une croissance annuelle de 1 %. Soutenues par l'opération Vulindlela, initiative de réforme du président Cyril Ramaphosa, ces propositions s'inscrivent dans une volonté plus large de relancer les fusions-acquisitions et de restaurer la confiance des investisseurs.

3. AFC obtient la notation de qualité investissement de S&P

Africa Finance Corporation (AFC) a obtenu pour la première fois la notation de crédit à long terme « A » de S&P Global, une étape importante qui pourrait réduire considérablement ses coûts d'emprunt et dynamiser le financement des infrastructures sur le continent. Cette notation de qualité investissement renforce l'attractivité d'AFC auprès des investisseurs internationaux, à un moment où les bailleurs de fonds africains se tournent vers les financements de marché face à la diminution de l'aide et au durcissement des conditions financières mondiales. S&P a souligné la solidité des actifs et la bonne liquidité de l'institution, tout en lui attribuant une perspective positive qui laisse entrevoir de possibles améliorations futures. Pour AFC, des capitaux moins chers signifient une capacité accrue à financer des projets dans les secteurs de l'énergie, des transports, des mines et de l'industrie. Cette notation renforce également la confiance dans le financement du développement mené par l'Afrique, le Nigéria, principal actionnaire d'AFC, étant en mesure de bénéficier indirectement d'un bailleur de fonds continental plus solide.

4. La Turquie et le Nigéria visent un partenariat commercial de 5 milliards de dollars

La Turquie et le Nigeria renforcent considérablement leurs liens économiques . À l'issue de leurs discussions à Ankara, les deux dirigeants se sont engagés à porter les échanges bilatéraux d'environ 2 milliards à 5 milliards de dollars. La Turquie exporte des machines, des aéronefs et des biens industriels vers ce pays d'Afrique de l'Ouest, tandis que le Nigeria lui fournit du pétrole brut et des produits agricoles. Au-delà du commerce, les deux pays ont signé des accords portant sur la défense, les infrastructures et l'investissement, témoignant d'un partenariat stratégique plus large. Ce partenariat vise notamment à apporter un soutien et une expertise à la Turquie afin d'aider le Nigeria à lutter contre l'insurrection dans la région du Sahel. Des représentants nigérians, lors de leur déplacement, devraient d'ailleurs s'entretenir avec des entreprises turques du secteur de la défense. Pour le Nigeria, cette initiative s'inscrit dans le cadre du programme de réformes de Tinubu, qui vise à attirer les investissements étrangers et à bâtir une économie plus inclusive et axée sur la croissance.

5. Madagascar lève le gel des permis miniers

Madagascar a entrepris de relancer son secteur minier en levant le gel de la délivrance des permis d'exploitation, en vigueur depuis 2010. Ce long gel, initialement imposé lors d'une transition politique pour freiner la spéculation, avait laissé plus de 1 650 demandes en suspens. La décision du gouvernement de reprendre la délivrance des permis témoigne d'une nouvelle volonté de rétablir l'ordre et la confiance dans un secteur longtemps paralysé par l'inactivité et la spéculation. Cette réouverture fait suite à l'adoption, en 2023, d'un nouveau code minier visant à renforcer le contrôle, à réduire le nombre de permis inactifs et à accélérer l'exploration. Si les autorités n'ont pas encore fixé de calendrier pour résorber l'arriéré, cette mesure apporte une clarté attendue depuis longtemps par les investisseurs. Disposant de riches gisements de graphite, de cobalt et de terres rares encore sous-exploités, Madagascar mise sur les réformes pour enfin transformer ses richesses minières en retombées économiques.

6. Les startups africaines privilégient le financement par emprunt

Les startups africaines se tournent de plus en plus vers l'emprunt comme principale source de financement , marquant un tournant dans le financement de la croissance de l'écosystème technologique du continent. En 2025, elles ont levé un montant record de 1,64 milliard de dollars en dette, portant ainsi la part de la dette dans le financement total des investissements en capital-risque à 40 % pour la première fois, selon Partech Africa. Cette hausse témoigne de la maturité du marché, où un nombre croissant d'entreprises peuvent afficher des revenus prévisibles et un flux de trésorerie stable. Si le financement par actions se redresse lentement après la forte correction post-pandémique, la dette offre aux fondateurs un moyen de financer leurs opérations sans dilution importante. Les institutions de financement du développement demeurent des acteurs clés, mais les banques commerciales interviennent également. La croissance modérée des capitaux propres et la forte augmentation de la dette suggèrent que le secteur technologique africain est entré dans une phase plus structurée et normalisée.

7. Le Mozambique inaugure une nouvelle usine de traitement du graphite

Le Mozambique franchit une étape majeure dans la chaîne d'approvisionnement mondiale des batteries avec l'inauguration d'une usine de transformation de graphite appartenant à une entreprise chinoise, marquant ainsi une transition des exportations de matières premières vers une production à valeur ajoutée. Le président Daniel Chapo a inauguré cette usine d'une capacité de 200 000 tonnes par an dans la province de Niassa, la qualifiant d'étape cruciale qui place le Mozambique sur la carte industrielle mondiale. Le graphite, matériau essentiel pour les véhicules électriques et l'électronique, connaît une demande en forte croissance, et le Mozambique figure déjà parmi les principaux producteurs mondiaux. Soutenu par un investissement de 200 millions de dollars de la part du groupe minier chinois DH Mining, le projet a déjà créé des centaines d'emplois, et des milliers d'autres sont attendus. Face à l'intensification de la concurrence mondiale pour les minéraux nécessaires à la fabrication des batteries, le Mozambique se positionne comme un acteur industriel clé de la transition énergétique mondiale.

8. Le Nigeria réduit drastiquement les frais de licence pétrolière pour attirer les investisseurs.

Le Nigeria remanie sa stratégie d'octroi de licences pétrolières afin d'attirer de nouveaux investissements et de relancer sa production après des années de déclin. Notamment, l'autorité de régulation du pays a considérablement réduit la « prime de signature » ​​obligatoire, la ramenant à un montant compris entre 3 et 7 millions de dollars, contre 10 millions de dollars en 2024 et environ 200 millions de dollars il y a quelques années. Selon les autorités, ce changement privilégie l'expertise technique, la solidité financière et des plans de développement crédibles plutôt que des frais initiaux élevés. Le processus sera également entièrement numérisé et fera l'objet d'un contrôle indépendant afin de renforcer la transparence et la confiance des investisseurs. Face à l'intérêt manifesté par des géants comme Chevron et TotalEnergies, Abuja espère que ces réformes permettront d'atteindre une production de 2,7 millions de barils par jour d'ici 2027 et de stabiliser les recettes, essentielles à la première économie d'Afrique.

9. L'essor de la finance décentralisée en Afrique pourrait transformer la finance

Une nouvelle étude révèle que l'Afrique est en passe de devenir le moteur de la croissance mondiale de la finance décentralisée (DeFi), avec le potentiel de libérer environ 250 milliards de dollars de capitaux latents et de stimuler la production économique jusqu'à 6 %. Contrairement aux transactions spéculatives des marchés développés, la demande africaine en DeFi repose sur des besoins concrets : les stablecoins offrent une protection contre l'inflation et la blockchain simplifie les transferts de fonds coûteux. Le secteur, qui a généré plus de 800 millions de dollars de revenus l'an dernier, pourrait voir la valeur totale bloquée dans ses protocoles atteindre 100 milliards de dollars cette année. Cette transformation est portée par la jeunesse africaine férue de technologie dans des pays comme le Nigeria, le Kenya et l'Afrique du Sud, ainsi que par l'adoption massive du mobile, qui a permis à des millions de personnes de se passer des services bancaires traditionnels. Cette croissance rapide promet d'accélérer l'inclusion financière de la vaste population non bancarisée du continent et de remodeler son paysage économique.

10. Le gouvernement ivoirien va sauver les producteurs de cacao grâce à un programme de rachat.

La Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao, a mis en place un programme d'urgence de rachat de cacao face à la chute des cours mondiaux et aux engorgements portuaires qui menacent les cacaoculteurs du pays. Alors que les fèves s'accumulent dans les coopératives et que les exportateurs se retirent, le gouvernement est intervenu pour maintenir la chaîne d'approvisionnement et garantir le paiement des agriculteurs. Selon les autorités, les retards d'expédition au port d'Abidjan et le manque de liquidités ont bloqué les paiements sur l'ensemble du marché, mettant en péril les moyens de subsistance de millions de personnes dans ce secteur. Dans le cadre de ce plan, le Conseil du café et du cacao investira environ 510 millions de dollars pour acheter jusqu'à 100 000 tonnes de cacao d'ici fin mars. En garantissant le prix officiel à la production, les autorités espèrent éviter une crise sociale tout en constituant des stocks en vue de l'exportation dès que la demande se redressera.

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