Le troisième message du président Macron, il avait cité six fois le mot guerre. A-t-il eu le soin de préciser, une guerre sanitaire ? Non !
Avec le sens de la formule choc, appel à la mobilisation des soignants, discipline collective, à l’unité nationale. Notre soldat sans avoir fait son service militaire, a revêtu les habits de chef de guerre.
Eh bien la société française a pourtant dans ce domaine une longue expérience : entre 1870 et 1962, elle les a enchaînées à travers le cycle des guerres franco-allemandes, puis coloniales.
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Oui le coronavirus tue beaucoup moins, mais aussi parce qu’il respecte largement l’ordre de passage des générations face à la mort. Et la canicule de 2003 ?
De grâce à notre soldat inexpérimenté ! Mais pitié, ne nous livrons pas au désespoir ! Nous ne sommes pas sous les bombes, en Syrie, en Irak, au Yémen et en Palestine, dans les cohortes de refugiées et de victimes terrorisées dans toutes ces régions du monde secouées par les guerres permanentes des bombardements incessantes où l’humanité souffre d’un dénuement radical. Eh oui, les occidentaux, tellement gavés, riches et gras qui avait installés le chaos dans tant de pays du Moyen-Orient ou d’Afrique, sommes à l’abri.
Ne l’oublions pas ! Cette crise sanitaire mondiale nous force à ouvrir les yeux sur ces réalités que d’ordinaire nous ne voulons pas regarder, parce qu’elles contrarient notre insatiable appétit de puissance : notre fragilité, la souffrance, la mort.
Nous ne sommes pas en guerre Monsieur Macron ! Le monde a besoin d’humanité, d’espérance.