La tension entre la France et l’Algérie atteint des sommets. Dimanche 15 décembre, le quotidien algérien El Moudjahid, porte-voix du pouvoir, a révélé que l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, avait été convoqué par le ministère algérien des Affaires étrangères. Une liste de griefs lourds lui a été présentée, incluant des accusations de complot ourdi par les services français de la DGSE pour « déstabiliser » l’Algérie.
Ces accusations, qualifiées à Paris d’« abracadabrantes », visent une opération supposée de recrutement de terroristes repentis algériens par la France. Selon Alger, cette manœuvre s’ajouterait à un « climat de haine » entretenu dans les médias français à l’encontre de l’Algérie, ainsi qu’à des rencontres organisées par l’ambassade française avec des opposants au gouvernement algérien.
El Moudjahid a relayé une menace claire : « L’Algérie prendra toutes les mesures nécessaires pour faire face à ces tentatives d’ingérence. »
La crise actuelle trouve ses racines dans la reconnaissance, en juillet dernier, par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, un revirement stratégique qui a provoqué l’ire d’Alger. Le président Emmanuel Macron a confirmé cette position lors de sa visite à Rabat en octobre, marquant une rupture avec la posture historique plus équilibrée de Paris dans ce dossier sensible.
La détérioration des relations s’est poursuivie tout au long de l’année avec des incidents en cascade :
Alger a également pris des sanctions commerciales ciblées, notamment en bloquant temporairement certaines opérations commerciales franco-algériennes, avant de les alléger en raison des répercussions négatives sur son propre commerce extérieur.
Cette montée des tensions est la plus grave entre les deux pays depuis deux décennies. Contrairement aux crises précédentes – comme celle provoquée par les déclarations de Macron sur le système politico-militaire algérien en 2021 ou l’affaire Amira Bouraoui en 2023 – cette crise semble s’inscrire dans la durée.
Selon une source française : « Le climat devient de plus en plus pesant et les conditions d’une restauration de la confiance apparaissent extrêmement compliquées. »
La relation entre Paris et Alger, autrefois marquée par une alternance de rapprochements et de désaccords, semble désormais plongée dans une phase de confrontation prolongée.
Félicité Amaneyâ Râ VINCENT
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