ÉDITORIAL SPORT & POLITIQUE Coupe d’Afrique des Nations : un malaise qui dépasse le terrain

Éditorial Sport & Politique

Coupe d’Afrique des Nations :
un malaise qui dépasse le terrain

Par Félicité Amaneyâ Râ VINCENT

Journaliste indépendante, éditorialiste – Ingénierie sociale

Ce qui se joue aujourd’hui autour de la Coupe d’Afrique des Nations ne relève pas d’un simple débat sportif. Le malaise observé dépasse largement les résultats sur le terrain, les décisions arbitrales ou l’organisation ponctuelle d’une compétition. Il touche au cœur de la gouvernance du football africain et, au-delà, à l’image institutionnelle du continent.

Des forces éclipsées par des failles structurelles

Le football africain regorge de talents, de passion populaire et de compétences techniques reconnues dans le monde entier. Pourtant, ces forces sont trop souvent éclipsées par des dysfonctionnements structurels, des crises de gouvernance et une communication défaillante.

La responsabilité première incombe à la Confédération Africaine de Football (CAF), dont les fragilités institutionnelles affaiblissent la crédibilité de la compétition phare du continent.

Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle s’inscrit dans un environnement international où la FIFA apparaît parfois trop complaisante. En tolérant certains manquements ou en privilégiant une logique de gestion politique plutôt que de réforme structurelle, elle contribue indirectement à entretenir une image dégradée du football africain.

« Ces dysfonctionnements nourrissent un vieux narratif, profondément injuste : celui selon lequel l’Afrique serait incapable de gérer ses propres institutions. »

Le football, un "fait social total"

Le danger est réel. Ce narratif ignore volontairement les réussites africaines et minimise les capacités organisationnelles du continent. Or, le football n’est pas un simple divertissement. En Afrique plus qu’ailleurs, il est un fait social total : un espace de cohésion, d’expression populaire et de projection symbolique.

Lorsqu’il est mal gouverné, ce n’est pas seulement une compétition qui vacille, mais une image collective qui se fissure. Les stades deviennent alors des vitrines involontaires de dysfonctionnements institutionnels plus larges.

L'Union Africaine doit jouer son rôle

Face à cette situation, la question ne peut plus être traitée comme un problème strictement sportif. Elle relève d’un enjeu politique et stratégique. L’Union Africaine, en tant qu’instance continentale, a un rôle à jouer. Non pour se substituer aux instances sportives, mais pour impulser une réflexion de fond sur la gouvernance, la transparence et la souveraineté des grandes institutions africaines.

Réformer la gouvernance du football africain, c’est défendre bien plus qu’un sport. C’est affirmer la capacité du continent à organiser, réguler et valoriser ses propres espaces d’excellence. C’est refuser que des dysfonctionnements internes soient instrumentalisés pour justifier des regards condescendants ou des tutelles déguisées.

Le sujet est sensible, certes. Mais il est devenu incontournable. Car tant que la gouvernance restera fragile, le football africain continuera d’être jugé non pas sur ses talents, mais sur ses failles. Et c’est précisément cette injustice qu’il est urgent de corriger.

© Radio TamTam Africa - La Voix des Peuples

Cliquez ici pour soutenir notre travail. Votre don de 2€ mensuel est notre force  

 Vous avez une information à partager ou une question ?

➤ Répondez à ce message et discutons-en.

 Contacter RADIOTAMTAM AFRICA

 OFFRE RADIOKING – PARTENAIRE DE RADIOTAMTAM AFRICA 

RADIOTAMTAM AFRICA vous partage une offre exceptionnelle proposée par notre partenaire RadioKing 

C’est le momen!t idéal pour lancer votre propre radio en ligne, moderniser votre site web radio, ou renforcer votre diffusion audio et podcast à moindre coût.

 PROFITEZ DE L’OFFRE MAINTENANT
Avant de continuer, promets-moi de t'abonner à la chaîne d'actualité RADIOTAMTAM AFRICA :

Cliquez ici