Par RadioTamTam
Les journalistes et professionnels des médias ont subi de nombreuses pressions durant la première vague du covid-19 : psychologiques, économiques et sanitaires. L’infodémie a rendu leur travail d’information de plus en plus complexe.
Mais au delà de ces difficultés se dessine une opportunité importante, celle de ré-inventer un métier en crise de sens depuis de longues années. Epuisés, les journalistes affirment être aussi plus impliqués dans leur travail et davantage à l'écoute de leur public.
Une enquête mondiale - 1406 répondants répartis dans 125 pays - réalisée par l’ICFJ et le Tow Center for Digital journalism de l’Université Columbia rend compte de ces évolutions.
Des conditions de travail de plus en plus difficiles
Les journalistes ont été exposé quotidiennement à des gens en souffrance, à la mort et à des services hospitaliers saturés. Ils ont pris des risques dans un contexte où le respect du protocole sanitaire n’était pas toujours possible.
Le secteur journalistique a subi de plein fouet la crise. Les licenciements se multiplient depuis le début de la pandémie ainsi que les plans d’austérité.
Les journalistes ont subi des menaces accrues dans la couverture de la pandémie. Ces menaces incluaient du cyber-harcèlement via des attaques de sécurité, des vols de données et de la surveillance en ligne.
Un tsunami de désinformation
Dans un contexte de crise où l’enjeu politique est fort, les sources des journalistes ne sont pas forcément fiables.
Les journalistes doivent faire face à une explosion de la désinformation. Cette infodémie augmente leur charge de travail. Ils doivent vérifier systématiquement toutes les fake news afin de les sourcer et de les corriger.
Le travail de vérification ne s'arrête pas là. Les journalistes signalent les fake news auprès des plateformes sociales, principales propagatrices de cette désinformation. Un travail considéré comme assez vain puisqu'en général ces plateformes ne réagissent pas.
Un métier journalistique qui retrouve du sens
Mais cette crise, aussi difficile soit-elle, a contribué à ré-injecter du sens dans le métier de journaliste. Les journalistes se sentent davantage impliqué dans leur métier avec deux missions principales : combattre la désinformation et vulgariser une information scientifique complexe dans un contexte de panique générale.
Les journalistes - assignés à résidence par le confinement - ont davantage fait appel au public et aux citoyens pour réaliser leurs sujets.
Touchés de plein fouet par la crise, les journalistes se sont mis davantage à l'écoute de leurs publics.
Le bilan de cette étude ?
Les journalistes sortent exsangues de cette pandémie mais valorisés. La confiance du public envers leur travail a augmenté. Un constat encourageant qui permettra aux professionnels de faire bouger les lignes d'un secteur qui n'a jamais été autant menacé.
Crédit photo de Une : Etienne Godiart, Unsplash.
Source : Méta-Média
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