C’est au cours d’une émission de radio également diffusée sur internet que le Général Jean Boniface Assélé Dabany a invité son président de neveu Ali Bongo à quitter le pouvoir. Une invitation qui a été mal accueillie.
Libreville, 16 Mars 2019, Jean Boniface Assélé, 81 ans, frère ainé de la première épouse d'Omar Bongo, premier inspecteur de police du Gabon, Général d’Armée, ancien directeur de la Sûreté du Gabon, ancien commandant en chef de la Police nationale, plusieurs fois ministre et chef d’un parti politique pro-pouvoir participe à l’émission au nom sans équivoque : « Assélé discute avec vous » sur les ondes de Radio Génération Nouvelle dont il est le propriétaire. Au cours de cette émission bi-hebdomadaire Jean Boniface Assélé donne son avis sur la situation du Gabon tout en acceptant de discuter parfois à bâtons rompus avec des auditeurs sur des sujets sociaux mais surtout politiques.
Alors que l’émission qui a pour thème « le COVID-19 » s’achève, Jean Boniface Assélé s’interroge sur la direction du Gabon par Ali Bongo son neveu « Il y a quelqu’un dans ce pays qui gouverne et de surcroît c’est mon neveu. Comment va Ali ? Qu’est-ce qu’il a ? Qu’est-ce qu’il fait ? »
Le Général Assélé poursuit en fustigeant « Le président ne sort pas, il ne tourne pas, il n’est pas en contact avec son peuple (…) aujourd’hui je me rends compte qu’il n’est pas là ».
Affirmant qu’il ne lui est plus possible d’accéder à son neveu, il déclare que s’il le rencontrait il lui dirait : « Ali remet ton pouvoir au peuple (…) Tu es malade dis leur que tu vas te soigner, tu es jeune tu reviendras ».
Vaudeville sous l’équateur.
Les propos du Général à la retraite ont suscité tollé au sein de l'oligarchie notamment de la "famille royale du Gabon". Son parti le Centre des Libéraux Réformateurs (C.L.R.) dirigé par sa fille qui fut elle aussi ministre, s’est désolidarisé de ses propos et les a fermement condamnés. Sa radio a été suspendue pour trois mois par la Haute Autorité de la Communication (HAC) ; et sa sœur la mère d’Ali Bongo - Patience Dabany - est montée au créneau en demandant : « Pourquoi il cherche Ali ? » avant de poursuivre « Qu’il arrête avec son chantage, Ali ne demande pas d’oncle » et de conclure : « Laissez mon enfant tranquille ».
Si le chef de l’exécutif Gabon s’est adressé à son peuple pour parler des mesures prises contre la pandémie du Corona virus, la Présidence de la République du Gabon est restée muette sur la sortie de l’oncle d'Ali Bongo notamment sur les questions qu’il a posées, trop occupée certainement à l’organisation de la succession au sujet de laquelle dans des propos à peine voilés le Général Assélé a affirmé « On est en train de s’amuser, on va nous mettre n’importe quoi ».
Si c’est l’oncle d’Ali Bongo qui le dit…
A faire à suivre...