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Libreville, 28 juillet 2025 – Sous les projecteurs de la promesse présidentielle, dans un décor soigneusement verni d’ambition républicaine, le concours national « Osez Mon Projet » avait tout pour briller. Placé sous le haut patronage du Général président Brice Clotaire Oligui Nguema, et soutenu par le très dynamique Ministère des PME, cette initiative devait propulser la jeunesse gabonaise vers les sommets de l’innovation et de l’entrepreneuriat.
Enfin... sur le papier.
Car sur le terrain, l’élan entrepreneurial tant célébré semble s’être pris les pieds dans le câble de la visioconférence.
De l’ambition à la confusion : "Osez Mon Projet", ou "Tente Ta Chance Si Le Jury Est Réveillé"
Avec 1391 candidatures enregistrées, les organisateurs semblaient prêts à bâtir un écosystème entrepreneurial… mais manifestement pas un planning Excel.
Dès le premier jour des auditions, l’enthousiasme s’est heurté à un mur d’improvisation : fatigue du jury, candidats recalés pour cause de surcharge, décalages de dernière minute…
Un candidat confie sous anonymat :
« J’étais prêt à pitcher mon projet... on m’a dit de revenir demain. Le jury était fatigué. Moi aussi, mais bon, je suis jeune, donc je dois m’adapter. Je suppose. »
Transparence 2.0 : quand la télé remplace le jury
Promue comme la plus grande messe de l’entrepreneuriat gabonais, cette édition mise sur la transparence télévisuelle : caméras braquées, lives en direct, et votes du public (30 % de la note finale). Un cocktail démocratique très tendance.
Sauf que l’on oublie souvent : ce n’est pas parce qu’on diffuse un chaos en direct qu’il devient organisé.
Le syndrome du "trop plein"… sans plan
On aurait pu croire que la réception de près de 1400 projets aurait incité les équipes logistiques à prévoir des pauses, des rotations, des salles de repos… voire un planning réaliste.
Mais non : le jury fatigué au premier jour, les candidats repoussés, les visios en décalé, tout cela s’est empilé comme un millefeuille... sans crème.
« On sent l’envie d’innover, mais l’équipe semble avoir confondu start-up weekend et kermesse ministérielle," ironise un consultant en développement local, qui n’a pas osé soumettre son projet de "plateforme de gestion de concours mal gérés ».
Entre gouvernance en carton et ambitions en or
Le paradoxe gabonais continue : des discours en or pour une organisation en toc.
On ose, oui… mais parfois, on ose l’absurde :
À quand un concours « Osez Une Administration Qui Tient la Route » ?
Dans un pays où l’entrepreneuriat pourrait transformer des vies, on attend plus qu’un slogan.
« Osez Mon Projet » ne doit pas devenir « Excusez Nos Retards ».
Les jeunes Gabonais n’ont pas besoin d’un concours en carton, mais d’un cadre sérieux, stable, structuré.
À défaut d’un jury reposé, que l’on offre au moins aux candidats la considération et le respect que mérite leur énergie.
Verdict de la Moralité :
Une idée brillante,
un ministère enthousiaste,
des jeunes motivés...
… et une organisation qui ose l’improvisation haut niveau.