Gabon – Démolition à la SNI Owendo : entre larmes, incompréhension et espoir contrarié

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Ce 30 juin 2025, le quartier de la SNI Owendo, près du Prix Import, s’est réveillé dans le fracas des bulldozers. Commerces, maisons, lieux de vie : tout s’effondre sous les yeux impuissants des habitants, en pleurs, qu’ils soient locataires ou propriétaires. Leurs biens partent en poussière, leurs souvenirs en fumée.

Une scène de chaos
Valises sur les épaules, matelas sur la tête, effets personnels dans les bras… Ce matin-là, la scène ressemble à celle d’un pays en guerre. Certains, résignés, participent eux-mêmes à la démolition de leur propre maison, tentant de sauver ce qui peut encore l’être.

« On croyait avoir trois mois »
Plusieurs habitants affirment avoir été rassurés par un article de presse évoquant un délai de trois mois supplémentaire, accordé par le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema. Mais aucune confirmation officielle n’a été donnée par la Présidence. Cette mauvaise information, relayée par un journal local dont nous tairons le nom, a entretenu l’espoir et semé la confusion, révélant un grave déficit de communication publique.

⚠️ De la rumeur à la réalité
La réalité, elle, est brutale : un ultimatum de 72 heures, fixé le week-end précédent, est arrivé à son terme. Et la machine s’est mise en marche. Après Plaine-Orety, c’est désormais SNI Owendo et Les Charbonnages qui subissent les effets de l’ambitieux programme de rénovation urbaine annoncé par les autorités. Objectif : embellir les communes du pays.

Des gagnants… et des oubliés
Dans cette atmosphère de désolation, seuls les chauffeurs de camions tirent un bénéfice immédiat : les déménagements sont nombreux, et le marché est actif. Pour les familles expulsées, en revanche, c’est l’incertitude qui domine. Où dormir ce soir ? Comment reconstruire sans appui ?

Un appel à la transparence
De nombreux Gabonais expriment leur lassitude :
« Il est bien beau de casser… mais que cela ne devienne pas un éléphant blanc ! »
Ils attendent désormais des actes concrets, des logements décents, et des projets visibles en contrepartie de ces sacrifices.

Reste à voir si la douleur d’aujourd’hui portera les fruits d’un avenir mieux bâti. Mais en attendant, la SNI Owendo pleure, et la confiance se fissure autant que les murs tombés ce matin.