Gabon : « Faute de challenger, le scrutin présidentiel du 12 avril sera un match amical »

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À un mois de l’élection présidentielle au Gabon, le paysage politique semble déjà figé. Sur les 23 candidatures déposées, seules quatre ont été validées par les autorités, tandis que 19 ont été rejetées le dimanche 9 mars 2025. Une décision qui alimente les doutes sur la pluralité du scrutin et qui pousse plusieurs candidats évincés, dont Jean-Rémy Yama, à faire appel devant la Cour constitutionnelle.

Face à cette situation, de nombreux observateurs estiment que le 12 avril prochain pourrait ressembler davantage à un « match amical » qu’à une véritable confrontation électorale.

Un écrémage qui interroge la transparence du processus électoral

Le rejet massif de candidatures ne passe pas inaperçu et soulève plusieurs interrogations sur les critères de sélection appliqués par le pouvoir. Parmi les 19 recalés, plusieurs figures de l’opposition et acteurs de la société civile, tels que le syndicaliste Jean-Rémy Yama, dénoncent une manœuvre visant à verrouiller l’élection en faveur du pouvoir en place.

✅ Manque de pièces administratives ?
✅ Problèmes de parrainage ?
✅ Non-respect des critères électoraux ?

Autant de motifs avancés par les autorités pour justifier cette vague d’exclusions, mais qui laissent planer le doute sur un tri politique.

La Cour constitutionnelle : une marge de manœuvre limitée ?

Face à ces décisions contestées, plusieurs candidats ont décidé de faire appel devant la Cour constitutionnelle, dernier rempart juridique avant la validation définitive de la liste des prétendants à la présidence.

Mais quelle est la réelle marge de manœuvre de cette institution ? Selon Bergès Mietté, enseignant à l’université internationale de Libreville et chercheur associé au laboratoire Les Afriques dans le monde, à Sciences Po Bordeaux, les chances de voir ces rejets annulés restent minces.

La Cour constitutionnelle gabonaise a, par le passé, été perçue comme une institution au service du pouvoir en place, validant souvent des décisions favorables à l’exécutif. Dans ce contexte, les appels déposés par les candidats évincés pourraient ne pas aboutir, laissant le scrutin du 12 avril avec une compétition réduite à quatre prétendants seulement.

Un match déséquilibré pour le pouvoir suprême

Si la Cour constitutionnelle valide les rejets massifs des candidatures, le 12 avril ressemblera davantage à un exercice de validation du régime en place qu’à une élection compétitive.

Les quatre candidats encore en lice sont :
1
️Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition, favori du scrutin, qui joue sur son bilan sécuritaire et économique.
2
️ Alain-Claude Bilie-By-Nzé, ancien Premier ministre d’Ali Bongo, qui tente un retour en force.
3
️ Stéphane Iloko Boussiengui, ex-membre du PDG, qui cherche à s’affirmer comme une alternative crédible.
4
️ Joseph Lapensée Essingone, figure de l’exil, qui veut incarner la rupture avec le passé.

Sans de véritables opposants issus de la société civile ou de la mouvance contestataire, cette présidentielle pourrait perdre en légitimité, faute de confrontation équilibrée.

Quelle crédibilité pour l’élection présidentielle ?

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Les regards sont désormais tournés vers la Cour constitutionnelle, qui doit statuer sur les recours déposés par les candidats écartés. Confirmera-t-elle le tri effectué par le pouvoir ou ouvrira-t-elle la voie à un débat plus inclusif ?

 Si les recours échouent, le scrutin pourrait être perçu comme un simple exercice de confirmation d’une élection verrouillée en amont.

 Si certains recalés sont réintégrés, la compétition pourrait retrouver un semblant de dynamisme et de pluralité.

Dans tous les cas, la présidentielle gabonaise s’annonce déjà contestée avant même le premier tour, avec des risques de tensions post-électorales si une partie de la classe politique et de la population estime le processus biaisé.

Le Gabon joue gros, et le 12 avril pourrait être moins une élection qu’une formalité pour ceux qui ont été autorisés à concourir.