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Le paysage politique gabonais est désormais fixé : huit candidats seront en lice pour l’élection présidentielle du 12 avril 2025, une échéance cruciale pour l’avenir du pays. Entre figures de la transition, anciens piliers du régime Bongo et nouveaux visages porteurs de renouveau, cette élection s’annonce comme un véritable tournant historique.
Quatre candidats avaient été initialement validés par le ministère de l’Intérieur :
À ces noms se sont ajoutés quatre autres candidats, dont les recours ont été validés par la Cour constitutionnelle, confirmant ainsi leur participation :
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Figure emblématique de l’opposition et ancien leader syndical, Jean-Rémy Yama a vu sa candidature rejetée en raison de pièces jugées manquantes dans son dossier. Bien qu’il ait tenté de régulariser sa situation en apportant un acte de naissance maternel prouvant sa nationalité gabonaise, la Cour constitutionnelle a estimé le dossier incomplet. Ce rejet est interprété par certains comme une mise à l’écart d’un candidat « anti-système », porteur d’un discours radicalement critique envers la transition actuelle et l’héritage du régime Bongo.
Le scrutin du 12 avril s’inscrit dans un contexte inédit : c’est la première élection présidentielle organisée depuis la chute d’Ali Bongo en août 2023, suite à un coup d’État militaire mené par le général Oligui Nguema. Ce dernier, désormais président de la Transition, est candidat et pourrait prolonger son mandat au-delà de l’intérim, s’il est élu.
En face, des voix s’élèvent pour porter un projet de rupture ou de réforme en profondeur, dénonçant une transition qui peine à se départir des logiques du passé. La présence d’une seule femme candidate, Zenaba Gninga Chaning, introduit également une dimension de diversité et de représentativité dans une arène électorale traditionnellement masculine.
L’affiche du scrutin reflète une tension entre continuité et changement, entre le poids des institutions militaires de la transition et les velléités démocratiques de certains candidats indépendants ou issus de la société civile. Le profil des huit candidats laisse entrevoir une compétition inégale, tant les moyens et les réseaux d’influence ne sont pas répartis équitablement.
Mais elle représente aussi un espoir, celui d’un peuple appelé à trancher, à s’exprimer, et peut-être à choisir une nouvelle voie pour son avenir politique. Dans un climat tendu, marqué par la défiance envers les institutions, l’attente populaire est forte : celle d’un scrutin transparent, crédible et ouvert à tous.
Le 12 avril 2025, le Gabon jouera bien plus qu’une simple alternance politique : il s’agira de savoir si le pays entre réellement dans une nouvelle ère ou s’il prolonge les logiques d’hier sous un autre visage.