Par Félicité VINCENT
«â¯Ils ont subi des actes de torture dont j’ai la liste et qui sont inacceptablesâ¯!⯻ Me François Zimeray monte au créneau pour défendre ses clients Sylvia Bongo Ondimba et son fils Nourredin Bongo Valentin. «Sylvia Bongo Ondimba et Noureddin Bongo Valentin sont supposés subir des traitements cruels, inhumains et dégradants. » Leur avocat dénonce pêle-mêle le viol de nombreuses conventions des droits de l’homme dont le Gabon est signataire. Il ne demande pas de traitement de faveur, mais simplement qu’on respecte «â¯la présomption d’innocence⯻, «â¯leur intégrité⯻, et «â¯la dignité humaine⯻, dit-il. C'est par décence, dit-il, leur avocat qui n’a toutefois pas souhaité donner de détails sur ces mauvais traitements que ses clients subiraient.
«â¯Une source judiciaire répond : Ce sont de pures allégations pour créer un choc médiatique. En tout cas ces accusations n’ont aucun sens. Car nous n’avons aucun intérêt de les maltraiter⯻.
La situation de la famille d'Ali Bongo Ondimba reste en partie entourée de mystère puisque jusqu’à présent, aucun avocat ou membre de leur famille n’a pu leur rendre visite en prison. Leur Avocat Me François Zimeray qui est venu de France à deux reprises en décembre pour tenter de les voir. Pour la première fois, il n’a même pas été autorisé à quitter l’aéroport de Libreville. Et la seconde fois, aucune visite n’a même été accordée.
Sauf qu'un avocat gabonais avait pu obtenir des permis de communiquer de la justice, soit le document officiel qui permet les visites, mais chaque fois, il a été empêché d’accéder à ses clients, «â¯sans qu’aucune raison officielle ne soit donnée⯻, confie une bonne source.
Raisons de sécurité oblige !
Une source judiciaire explique que l’isolement des Bongo est nécessaire «â¯pour des raisons de sécurité⯻. «Au fait â¯il s’agit d’un dossier hyper sensible et leur profil est évidemment spécial. Nous devons les protéger des autres⯻, confie cet interlocuteur. Les autorités pénitentiaires craignent que leur soit disant profil sulfureux puisse les mettre en danger s’ils étaient mélangés avec le reste des détenus. «â¯Ce qui importe c’est leur propre sécurité. Un connaisseur du dossier indique, Si jamais un problème survient aux écrous, que quelqu’un s’en prend à eux, les gens vont tout de suite crier au complot⯻. Il y a eu un excès de zèle de certains agents quant aux violations des droits, que ce soit au niveau des visites des avocats ou des proches, reconnaît un officiel, parce que c’est un dossier délicat. Il y a des incompréhensions sans volonté pour autant de leur couper de leur droit à la défense. Mais il faut à tout prix protéger l’enquête, c'est certain⯻, indique ce proche des autorités.
L’affaire va plus loin et conserve une part d’ombre des parties prenantes. Plusieurs sources de kongossa Librevilloise et la diaspora gabonaise, auraient annoncés que Sylvia Bongo Ondimba et Noureddin Bongo Valentin sont sortis de leurs cellules à plusieurs reprises. Des militaires sont venus les chercher pour les emmener dans une résidence proche de la présidence afin de les interroger. «â¯Car cela peut durer plusieurs jours, donc les deux prisonniers dorment en dehors de la prison selon certaines sources. Un avocat confie que cette pratique n’est absolument pas légale mais elle a déjà été observée dans le passé, notamment dans des grandes opérations anti-corruption⯻. La direction générale des services spéciaux serait à la manœuvre selon un défenseur des droits de l’homme. On va plus loin dans l’entourage des Bongo Valentin. Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Valentin seront non seulement interrogés, mais aussi contraints de céder leurs biens. «â¯Les militaires et des notaires sont là pour la grande braderie. Comme l'indique une source bien informée ont les forcent à signer des actes⯻. Leurs comptes bancaires à la BGFI sont totalement soldés. La propriété dite «â¯Palmeraie⯻ aurait également été cédée. Ali Bongo Ondimba avait hérité de cette résidence à la mort de son père Omar Bongo Ondimba. Et son fils Noureddin Bongo Valentin l'a reçu en donation et il y vivait avec sa famille jusqu’au coup d’État du mercredi 30 août 2023.
«â¯On les force à se dépouiller de tous leurs biens⯻, réagit une amie de la famille, qui précise que Sylvia Bongo ne peut plus payer ses employés, les chèques étant refusés à la banque. «â¯La famille ne s’accroche plus au pouvoir ni même à son patrimoine. Une sacrée différence entre restitution et spoliation. On leur met un revolver sur la tempe. Que deviennent ces biensâ¯? Qui en bénéficieâ¯? Dans quel cadreâ¯? ⯻, s’interroge un proche.
La Vengeance aux deux visages
Les avocats de Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo Valentin ont fait une demande de liberté provisoire. Cette demande a été rejetée en première instance itou en appel. La procédure est maintenant au niveau de la cour de cassation pour statuer sur cette demande. Un avocat promet qu’en cas de nouvel échec, leur dossier sera porté devant la Cour africaine des droits de l’Homme. Des enquêteurs, ont déjà saisis il y a plusieurs mois, des biens mobiliers, de l’argent, des voitures. «â¯L’instruction est longue. Car l’enquête se passe au Gabon et aussi à l’étranger. Aux faits des preuves sont patentes et évidentes. Mais il faut les étayer. Il faut des preuves. Ça prend beaucoup de temps⯻, confie un proche de l’enquête.
Du côté des Bongo, certains proches estiment que le traitement de Sylvia et Noureddin démontrent un esprit de «â¯vengeance⯻ du pouvoir militaire. «â¯C’est de la méchanceté. L'entourage se confie que même les terroristes ont le droit de voir leurs familles et leurs avocats⯻. Cette enquête peut se prolonger dans le temps puisque selon le droit gabonais, une instruction peut durer jusqu’à 18 mois voir plus.
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