Gabon : Les partis s’organisent face à la présidentielle du 12 avril 2025

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 À propos de Félicité Amaneyâ Râ VINCENT
Rédactrice en chef à RADIOTAMTAM AFRICA, Félicité s’engage à façonner la radio de demain pour une Afrique prospère, inspirante, et prête à illuminer le monde.

L’annonce de la date du 12 avril pour l’élection présidentielle a bouleversé l’échiquier politique gabonais. Ce calendrier accéléré, annoncé la semaine dernière, pousse les acteurs politiques à clarifier leurs positions. Ce week-end, plusieurs déclarations ont animé le débat, révélant les premières stratégies des principaux partis et figures du pays.

Jean-Remy Yama lance un nouveau parti

Dimanche 26 janvier, Jean-Remy Yama, leader syndical et sénateur de la Transition, a officialisé la création de son parti politique : le Parti national pour le travail et le progrès. Présenté comme un « vaisseau » pour un nouvel « engagement », ce mouvement marque une étape importante dans la trajectoire de cet acteur clé de la société civile.

Libéré de prison à la suite du coup d’État d’août 2023, Jean-Remy Yama n’a pas annoncé s’il se présenterait à la présidentielle. Il a toutefois réaffirmé son soutien à la transition « jusqu’à son terme » tout en critiquant les « relations incestueuses » entre les militaires du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) et le Parti démocratique gabonais (PDG), ancien parti au pouvoir sous Ali Bongo.

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Le PDG maintient le suspense

Le Parti démocratique gabonais (PDG), autrefois dominant, n’a pas encore dévoilé son candidat. Cependant, de nombreux observateurs soupçonnent le PDG de soutenir le général Brice Oligui Nguema, actuel chef de la transition.

Dans une déclaration, la secrétaire générale du parti, Angélique Ngoma, a salué l’annonce du scrutin comme un « acte de raccourcissement du calendrier permettant un retour plus diligent à l’ordre constitutionnel tant attendu ». Une position qui reflète une volonté apparente d’apaiser les tensions tout en se préparant pour l’échéance.

Alain-Claude Bilie-By-Nze entretient le mystère

L’ancien Premier ministre d’Ali Bongo, Alain-Claude Bilie-By-Nze, désormais positionné dans l’opposition, a également pris la parole. Lors d’une conférence de presse, il a laissé planer le doute sur sa candidature, déclarant qu’il ne « se déroberait pas » et qu’il annoncerait sa décision avant le 12 mars.

Bilie-By-Nze a par ailleurs critiqué le calendrier électoral, estimant que l’élection a été avancée en réponse à « l’impopularité grandissante du général Brice Oligui Nguema ». Selon lui, ce scrutin s’inscrit dans la continuité d’un système qui « refuse de mourir » et qui se « ressuscite sous le signe du CTRI ».

Un scrutin sous haute tension

À moins de trois mois de l’échéance, les grandes lignes de la compétition politique se dessinent, mais beaucoup d’incertitudes demeurent. Le positionnement des partis, notamment celui du PDG et des figures comme Jean-Remy Yama et Alain-Claude Bilie-By-Nze, jouera un rôle déterminant dans l’avenir politique du Gabon.