GABON : Simulacre de démocratie – Quand le pouvoir tord l’article 77 pour évincer ses opposants

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Au Gabon, la démocratie semble se jouer comme une mauvaise pièce de théâtre, avec des règles réécrites en coulisses et des juges devenus acteurs du scénario présidentiel. Ce 30 juillet 2025, Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre devenu opposant, a dénoncé un nouvel épisode inquiétant dans cette mise en scène électorale.

Le Ministère de l’Intérieur – désormais multitâche entre organisateur, juge et bourreau politique – a publié un communiqué invoquant l’article 77 de la loi n°001/2025. Cet article exige un quitus financier pour tout citoyen souhaitant se présenter, à condition d’avoir déjà été candidat à une élection antérieure. Officiellement, c’est pour promouvoir la transparence. Officieusement, c’est pour trier les gêneurs avant les législatives et locales de septembre-octobre 2025.

 « Un simulacre de démocratie », dénonce Bilie-By-Nze, qui voit dans cette manœuvre une tentative grossière d’éviction politique.

Un ministère qui se prend pour un tribunal
Le cœur du scandale ne réside pas dans le quitus en lui-même, mais dans l’autorité qui se l’approprie. Selon la loi, c’est à une juridiction – Cour des comptes ou Cour constitutionnelle – de trancher. Or, ici, le Ministère de l’Intérieur s’improvise juge, bafouant le principe fondamental de séparation des pouvoirs.

Pire encore : la CNOCER, censée être une Commission électorale neutre, est présidée par... le ministre de l’Intérieur lui-même. Un arbitre qui joue dans l’équipe au pouvoir : que reste-t-il alors du match électoral ?

Les vraies cibles : les opposants
En coulisses, tout indique que cette disposition est taillée sur mesure pour barrer la route à certains candidats, notamment ceux jugés trop menaçants. C’est l’arme administrative déguisée en vertu morale : on vous écarte non pas parce que vous êtes corrompu, mais parce que vous gênez.

Enjeux démocratiques
• Crédibilité du processus électoral : Une élection où les règles changent selon les intérêts du pouvoir n’est pas une élection, c’est une mascarade.
• Équilibre institutionnel : Quand l’exécutif s’octroie des compétences judiciaires, c’est la porte ouverte à toutes les dérives.
• Égalité politique : Si seuls les candidats dociles ont accès aux urnes, le peuple n’a plus vraiment le choix.

L'article 77 devient l’arme 77 : un outil de disqualification massive. Le Gabon, pris en otage entre l’apparat démocratique et le pilotage autoritaire, voit son État de droit fragilisé sous les coups de boutoir d’un exécutif tout-puissant.

RADIOTAMTAM AFRICA continuera de dénoncer ces dérives. Parce qu’une démocratie sans opposition est une dictature qui ne dit pas son nom.