Il y a des contes qui ne font pas le compte. A l'issue du grand débat national, le président de la République avait promis un grand plan pour soutenir les associations et notamment les plus petites qui oeuvrent en
Les associations les plus modestes représentent environ 80% de toutes les associations, soit 1,3 millions d'associations. Une simple division nous donne un résultat édifiant : 21 euros par structure. Le Champagne va couler à flot.
Ces 28 millions d'euros ne seront pas distribués sous forme de subventions, il est connu que les dirigeants ne savent pas bien gérer les oboles étatiques. Ils serviront à créer 4000 postes qui seront financés à hauteur de 7000 euros sur trois ans, principalement dans les territoires ruraux et les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Une simple multiplication nous apprend que 7000 x 4000 = 28 000 000. Le compte y est.
Pour respecter l'élément de langage le plus utilisé par les ministres en cette rentrée, cette répartition se fera en "totale concertation" entre les associations et les services de l'Etat qui définiront ensemble les priorités d'affectation. Vous êtes trop bon. Le "bébé Cadum" (1) de la vie associative nous apprend par ailleurs que "Les associations doivent aussi aller chercher davantage de financements privés. Par exemple, elles peuvent développer des activités commerciales qui financent leur activité d'intérêt général."
Elles peuvent également mettre la clé sous la porte, mais ça, il n'a pas osé le dire même s'il le pense très fort. M. Attal sait-il à combien revient annuellement la création d'un salaire chargé à plein temps dans une association ? 30 000 euros par an. L'aide de 7000 euros sera très appréciée, c'est certain. Ah et pour ceux qui pensent, naïvement, que les 28 millions d'euros seront reportés d'année en année, je peux leur répondre qu'ils se trompent. Ils ne sont prévus que dans le budget 2020 étalés jusqu'en 2022 et c'est tout.
Laissons M. Attal, nous expliquer, avec un indéniable talent pour prendre son interlocuteur pour un imbécile, l'essence de ce "grand plan" pour les associations. Dans une interview donnée au Parisien (2), il annonce : "Les associations ont aussi besoin d'être soutenues dans leur travail quotidien. Les démarches qu'elles doivent accomplir sont trop complexes. C'est un vrai frein à la prise de responsabilité des actifs et des jeunes." Quel constat !
Le journaliste lui demande si la suppression des emplois aidés n'a pas été un handicap pour le secteur associatif. Bébé Cadum répond, droit dans ses mocassins : "Il y avait une forme d'hypocrisie avec les emplois aidés. Ils n'ont permis ni d'insérer durablement les personnes les plus éloignées de l'emploi, ni aux associations de pérenniser leurs activités. C'est vrai que leur transformation en parcours emplois compétences, plus contraignants, a pu gêner certaines structures." Et ? Rien.
Le Secrétaire d'Etat, pour justifier l'obligation faite aux associations de s'appuyer de plus en plus sur des recettes propres, donne deux exemples : "Une association de défense de l'environnement dans les Bouches-du-Rhône, par exemple, a créé un gîte écoresponsable, qu'elle loue à des particuliers. Une autre, qui accompagne des personnes migrantes, se finance en organisant des soirées de team building, qu'elle facture aux entreprises."
J'attends avec impatience l'association d'aide à l'enfance qui, pour financer ses activités, gèrera un sex shop ou bien une association de protection des animaux qui animera des corridas. Ce qu'il faut retenir de ce "Grand Plan" pour les associations ? La même chose que ce qui reste du "Grand Débat National" facturé à hauteur de 12 millions d'euros aux contribuables : rien. La gestion du vide était une notion à inventer en politique, c'est chose faite.
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Vous l'aurez compris, ce "Grand Plan" pour les associations m'a fait monter la moutarde au nez. Et ce d'autant plus quand il est envisagé de dépenser 1.5 milliards d'euros par an pour un Service National Universel totalement inutile et condamné par une très grande majorité d'associations. Service National Universel : premiers pas et premiers doutes
(1) Gabriel Attal : un Bébé Cadum au chevet des associations
(2) Gabriel Attal : Nous débloquons 28 millions d'euros pour les petites associations - l'article du Parisien
Préconiser l'entrepreneuriat associatif : est-ce bien raisonnable ?
Source : Loi1901
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