L'Afrique du Sud propose son aide pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient

Note de la rédaction

L’édition d’aujourd’hui met en lumière une tendance stratégique bien définie à travers le continent : l’institutionnalisation agressive du pouvoir. Que ce soit par des manœuvres législatives, des réécritures constitutionnelles ou la création de nouveaux blocs militaires, les acteurs étatiques africains délaissent les solutions temporaires pour bâtir des structures de contrôle permanentes.

Pourquoi c'est important :

Ces récits montrent comment les transitions politiques, les réalignements sécuritaires et les ambitions diplomatiques redéfinissent le rôle de l'Afrique, tant sur le continent que dans l'ordre mondial plus large.

6 mars 2026

Dix reportages. Cinq minutes. Un regard plus clair sur l'Afrique d'aujourd'hui.

1. L'Afrique du Sud propose son aide pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient

Le président Cyril Ramaphosa a indiqué que l'Afrique du Sud était disposée à contribuer à la résolution du conflit israélo-iranien, que ce soit par la médiation ou par d'autres moyens. Ces propos ne surprennent guère. L'Afrique du Sud s'enorgueillit d'être un pays attaché au dialogue, une valeur nationale forgée par la lutte anti-apartheid. Le pays s'est imposé comme un médiateur clé dans les conflits internationaux, ayant mené plusieurs initiatives de médiation depuis sa transition démocratique en 1994. En 2023 encore, M. Ramaphosa a conduit une délégation de sept dirigeants africains en Europe pour tenter de résoudre le conflit russo-ukrainien. Concernant le conflit au Moyen-Orient, l'Afrique du Sud et l'Iran sont membres du bloc BRICS, et Pretoria a maintenu des relations diplomatiques avec Téhéran malgré les fortes pressions américaines. De ce fait, l'Afrique du Sud est bien placée pour mener une médiation entre les États-Unis, Israël et l'Iran afin de mettre fin au conflit. Entré dans son sixième jour, ce conflit a semé la désolation au Moyen-Orient et menace de perturber l'économie mondiale, ce qui affectera particulièrement l'Afrique.

2. Le président sortant du Nigeria est en tête des sondages pour sa réélection.

La commission électorale du Nigeria a fixé la date des élections présidentielles et législatives au 16 janvier prochain, avançant ainsi d'environ un mois le calendrier électoral initial . Auparavant, le pays avait adopté une nouvelle loi électorale comportant des modifications qui ont semblé prendre l'opposition au dépourvu et ont permis au président sortant de garder fermement le contrôle de la campagne. Par exemple, les nouvelles règles électorales stipulent que les candidats des partis ne peuvent être choisis que par le biais de primaires directes ou par consensus, interdisant de fait la sélection indirecte. Si cette évolution signifie une plus grande participation au processus électoral pour le Nigérian moyen, ce changement augure mal pour l'opposition. Les principaux adversaires de Tinubu sont Atiku Abubakar, ancien vice-président, et Peter Obi, ancien gouverneur d'État. Ces deux candidats à la présidentielle ont récemment formé une coalition avec d'autres membres de l'opposition, ce qui les a obligés à quitter leurs partis respectifs. De ce fait, un grand nombre de leurs partisans n'ont pas encore officiellement rejoint le nouveau parti, ce qui pourrait les empêcher de participer aux primaires. Parallèlement, Tinubu a consolidé sa base et renforcé son emprise sur son parti, le Congrès des progressistes (APC), ce qui le prépare mieux pour les élections de l'année prochaine.

3. Les États-Unis sanctionnent les hauts responsables de l'armée rwandaise en raison du conflit en RDC.

Washington a inscrit les Forces de défense rwandaises et quatre de leurs commandants sur sa liste de sanctions , les accusant de violer les accords de paix négociés entre Kigali et Kinshasa. Cette décision constitue la mesure la plus agressive prise par Washington contre ce petit pays africain depuis trente ans. Depuis des années, le gouvernement congolais est engagé dans une guerre contre différents groupes rebelles dans l'est du pays. Récemment, l'un de ces groupes, le M23, a pris l'ascendant, défaisant les forces gouvernementales et s'emparant de territoires riches en minerais. Si Kigali dément ces accusations, un rapport de l'ONU l'accuse de soutenir les rebelles du M23 en leur fournissant des troupes et du matériel. L'année dernière, les États-Unis ont entamé une médiation dans ce conflit, aboutissant à un accord de paix signé à Washington par des responsables congolais et rwandais. Cependant, les deux parties s'accusent mutuellement de violer ces accords. Le gouvernement rwandais a qualifié la décision de Washington d'imposer des sanctions d'injuste et de « partiale », affirmant que la République démocratique du Congo n'a pas respecté ses engagements.

4. Le Soudan accuse l'Éthiopie d'implication directe dans la guerre civile

Le Soudan a officiellement accusé l'Éthiopie d'ingérence dans ses affaires intérieures. Dans une récente déclaration, le ministère soudanais des Affaires étrangères a affirmé que l'Éthiopie avait autorisé les Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire, à mener des attaques de drones contre le Soudan depuis son territoire. Le ministère a condamné les agissements présumés d'Addis-Abeba, les qualifiant d'« acte d'agression », et a réaffirmé le droit du Soudan de riposter de la manière qu'il juge appropriée. Cette accusation de Khartoum est la première du genre portée contre Addis-Abeba en trois ans de guerre civile et risque d'exacerber les tensions dans une région déjà déchirée par le conflit. Si Addis-Abeba n'a pas encore commenté ces allégations, un précédent article de Reuters révélait que l'Éthiopie abritait un camp d'entraînement secret pour les FSR. Le soutien éthiopien confère aux FSR une plus grande profondeur stratégique et des lignes d'approvisionnement potentielles depuis l'est. L'Éthiopie se trouve ainsi un voisin affaibli, ce qui pourrait atténuer la pression sur des différends de longue date comme celui du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD). Parallèlement, les Forces armées soudanaises (SAF) sont désormais confrontées à un double défi : l’insurrection interne et une frontière hostile, tandis que la stabilité régionale dans la Corne de l’Afrique est encore davantage compromise.

5. Le Parlement somalien approuve une nouvelle constitution

Le Parlement fédéral somalien a officiellement adopté une nouvelle constitution , une mesure visant à parachever la transition du pays vers un cadre démocratique stable. Cette étape législative majeure marque le passage d'un système provisoire à un fondement juridique permanent. La nouvelle constitution délègue au Parlement le pouvoir d'élire le nouveau président, dont les membres seront élus par le peuple. Elle porte également le mandat présidentiel de quatre à cinq ans et limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Cette réforme législative confère au président Hassan Sheikh Mohamud et au gouvernement central une autorité exécutive accrue et un mandat plus clair pour consolider le pouvoir d'État. Cependant, les États membres fédéraux et les dirigeants régionaux perdront l'autonomie que leur permettaient les ambiguïtés juridiques précédentes, tandis que les factions d'opposition perdront le levier du « statu quo » dont elles se servaient pour bloquer les directives centrales. Une fois signée par le président, la nouvelle constitution transférera le pouvoir des modèles de consensus claniques vers une présidence fédérale plus centralisée, ce qui pourrait rationaliser la politique de sécurité nationale et la politique économique. Toutefois, elle risque de provoquer des frictions immédiates avec des régions semi-autonomes comme le Puntland, qui perçoivent la centralisation comme une menace pour leurs intérêts spécifiques.

6. Comment une réforme systémique peut résoudre le problème de l'eau en Afrique

En Afrique subsaharienne, environ un tiers de la population n'a pas accès à l'eau potable , tandis que les deux tiers n'ont pas accès aux services d'assainissement. Cette situation pénalise le continent en termes de productivité, de santé et de scolarisation, entraînant une perte annuelle d'environ 4,3 % du PIB. Le problème est particulièrement aigu en Afrique de l'Est et australe, où l'on estime que jusqu'à 345 millions de personnes n'auront pas accès à l'eau d'ici 2030, contre 275 millions en 2022. Bien que des progrès soient déjà réalisés pour changer la situation, notamment grâce à un programme soutenu par la Banque mondiale, il reste encore beaucoup à faire. Actuellement, les pays d'Afrique de l'Est et australe consacrent 5 milliards de dollars aux initiatives liées à l'eau et à l'assainissement, ce qui ne représente qu'une fraction des 24 milliards nécessaires. Pour combler le déficit hydrique de l'Afrique et mettre le continent sur la voie de la croissance, il est indispensable d'attirer les investissements privés.

7. La Force unifiée de l'AES peut-elle mettre fin à l'insurrection au Sahel ?

L’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a déployé une force militaire unifiée pour lutter contre l’insurrection djihadiste qui déstabilise la région depuis plus d’une décennie. Cette initiative fait suite à leur retrait collectif du G5 Sahel, soutenu par l’Occident, et de la CEDEAO. Elle confère une légitimité nationale aux juntes militaires de Bamako, Ouagadougou et Niamey en revendiquant des solutions de sécurité « souveraines » et en s’affranchissant des influences extérieures. Cependant, les civils demeurent exposés à des risques élevés, car le recours à des tactiques musclées et à la politique de la terre brûlée ne garantit pas le développement ni le respect des droits humains, contrairement aux précédentes missions internationales. Si la force de l’AES ne parvient pas à endiguer la violence, le vide sera probablement comblé par des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ce qui pourrait étendre le conflit vers le sud, en direction des États côtiers d’Afrique de l’Ouest, et provoquer une nouvelle vague migratoire massive vers l’Europe.

8. L'ancien président béninois démissionne de son poste de chef du parti d'opposition.

L'ancien président Thomas Boni Yayi a démissionné de la tête des Démocrates (LD), principal parti d'opposition du Bénin, à l'approche des élections générales de 2026. Tout en restant membre du parti, M. Yayi a invoqué la nécessité d'un « renouvellement générationnel » pour justifier son départ. Ce départ confère un avantage tactique immédiat à la coalition au pouvoir du président Patrice Talon, l'opposition perdant ainsi sa figure de proue la plus emblématique et son principal facteur d'unité. Pour le parti, cette situation pourrait engendrer une crise d'identité et une fragmentation interne, alors qu'il peine à remplacer un leader charismatique qui incarnait un rempart contre le gouvernement.

9. Comment le Soudan du Sud peut-il céder le pouvoir sans élections ?

Le Soudan du Sud se trouve à un tournant décisif, à l'approche de ses premières élections générales depuis son indépendance en 2011. L'absence de précédent historique en matière de transition démocratique du pouvoir fait du cadre juridique de la succession présidentielle un enjeu de sécurité majeur. En l'absence d'élections, deux cadres juridiques régissent la transition du pouvoir en cas de vacance de la présidence. La constitution de transition prévoit les cas suivants : expiration du mandat, démission, destitution, incapacité mentale, incapacité physique ou décès. Selon ces cadres, le premier vice-président accède à la présidence en cas de vacance. Toutefois, le parti au pouvoir doit désigner un nouveau président dans les 48 heures, lequel remplacera alors le premier vice-président par intérim. Ces règles confèrent au président Salva Kiir et à l'élite dirigeante du SPLM l'avantage de la position dominante et le contrôle des mécanismes de transition, leur permettant ainsi de dicter le calendrier politique.

10. Les États-Unis lèvent les sanctions contre les responsables maliens après trois ans de bras de fer.

Les États-Unis ont levé les sanctions qui pesaient sur plusieurs hauts responsables maliens, mettant fin à un gel diplomatique de trois ans instauré après le coup d'État de 2021. Ce revirement intervient alors que l'Alliance des États du Sahel (AES) consolide son influence régionale et modifie ses dépendances sécuritaires. Les trois responsables avaient été sanctionnés pour avoir soutenu la coopération entre le gouvernement de transition malien et le groupe Wagner russe. Le gouvernement malien s'est félicité de cette décision, la qualifiant d'étape majeure vers la normalisation des relations bilatérales. Grâce à cette mesure, le gouvernement militaire de transition malien remporte une importante victoire symbolique et diplomatique, signalant une brèche dans les efforts occidentaux visant à isoler la junte. Parallèlement, les militants pro-démocratie et les membres les plus radicaux de la CEDEAO perdent un levier international essentiel dont ils disposaient pour faire pression sur Bamako en faveur d'une transition civile rapide. Cette décision suggère que Washington abandonne une politique d'« isolement punitif » au profit d'un « engagement pragmatique » afin de contrer l'influence croissante de la Russie au Sahel.

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