L'introduction en bourse de Dangote Refinery devrait avoir lieu dans quelques semaines.

Note de la rédaction

Bienvenue dans ce bulletin hebdomadaire d’information économique. Au sommaire aujourd’hui :

  • L’économie nigériane enregistre son taux de croissance le plus rapide depuis cinq ans.
  • Le Ghana impose désormais le raffinage local de l’or semi-transformé.
  • Les importations chinoises à bas prix, facilitées par le commerce électronique, fragilisent les emplois locaux dans les secteurs manufacturier et commercial à travers l’Afrique.
  • Aliko Dangote annonce que l’introduction en Bourse de sa raffinerie nigériane devrait intervenir dans les prochains jours.

Nous revenons également sur la décision de la Côte d’Ivoire de maintenir un prix plus bas du cacao payé aux producteurs pour la principale campagne de récolte.

Enfin, en Afrique du Sud, Transnet a rouvert le corridor ferroviaire de fret Cape Mainline, précédemment endommagé par une tempête.

5 septembre 2026

Dix reportages. Cinq minutes.
Un regard plus clair sur l’Afrique d’aujourd’hui.

RADIOTAMTAM AFRICA — La Parole est une Force

ÉCONOMIE — NIGERIA

L’introduction en Bourse de la raffinerie Dangote devrait avoir lieu dans les prochaines semaines. Une opération très attendue qui pourrait marquer une nouvelle étape majeure pour le secteur énergétique et les marchés financiers africains. 

1. L'économie nigériane enregistre sa plus forte croissance en cinq ans.

L'économie nigériane a progressé de 4,43 % au deuxième trimestre, soit sa plus forte croissance en cinq ans . Cette expansion a été tirée par les secteurs manufacturier, agricole et des services, tandis que le secteur pétrolier a bénéficié de la hausse des prix du brut liée au conflit iranien. Le naira, qui s'était fortement déprécié après les dévaluations menées sous Tinubu, s'est apprécié de 12 % par rapport au dollar au cours des douze mois précédant juin. Les investissements directs nets se sont également améliorés et l'industrie pétrolière affiche de solides performances. Toutefois, la croissance demeure inférieure aux objectifs officiels et l'insécurité menace de compromettre la reprise. Les violences et les enlèvements persistent dans une grande partie du pays, malgré le renforcement de la coopération sécuritaire avec les États-Unis, la période d'avril à juin ayant été la plus meurtrière depuis des décennies.

2. Le Ghana restreint ses exportations d'or

Le Ghana renforce son contrôle sur l'industrie aurifère en imposant à certains exportateurs de raffiner localement l'or brut avant de l'exporter. À compter du 1er septembre, le Ghana Gold Board interdit aux agrégateurs autofinancés d'exporter de l'or brut acheté dans le cadre d'accords d'enlèvement, à moins qu'il n'ait été transformé au Ghana. L'or brut est un or semi-raffiné qui nécessite un traitement plus poussé pour être transformé en lingots. Cette mesure, édictée en vertu de la loi de 2025 sur le Ghana Gold Board, vise à accroître les revenus du raffinage, à créer des emplois et à soutenir des secteurs comme la joaillerie. Le conseil a averti que toute infraction pourrait entraîner la suspension des licences ou d'autres sanctions. Les acteurs du secteur ont salué le potentiel de cette politique, estimant qu'elle pourrait permettre aux entreprises ghanéennes de retrouver des marges longtemps perdues au profit des raffineurs étrangers. Cependant, certaines entreprises rencontrent des difficultés pour modifier rapidement leurs contrats.

3. Les importations chinoises à bas prix mettent à mal les entreprises africaines

Les géants chinois du e-commerce Shein et Temu transforment les habitudes d'achat dans les villes africaines, attirant les jeunes consommateurs grâce à des prix défiant toute concurrence, un vaste choix de produits et un marketing omniprésent sur les réseaux sociaux. L'Afrique du Sud en est l'exemple le plus frappant : ces plateformes ont généré environ 405 millions de dollars de ventes en 2024. Bien que cela ne représente que 3,6 % du marché total pour ces articles, cela a représenté plus d'un tiers des ventes en ligne de vêtements et de chaussures. Une étude a révélé qu'environ 8 100 emplois dans le secteur manufacturier et le commerce de détail n'ont pas été créés cette année-là en raison de l'essor de ces plateformes, et que plus de 34 000 emplois supplémentaires pourraient être menacés d'ici 2030. Par conséquent, les défenseurs des droits des travailleurs militent pour des contrôles plus stricts, voire des interdictions pures et simples. Pourtant, les analystes affirment que le problème ne se résume pas à une simple opposition Chine-Afrique. Le véritable enjeu est de savoir si le continent peut proposer un commerce numérique abordable sans fragiliser son secteur manufacturier, ses emplois et sa capacité à créer de la valeur.

4. Les échanges de dettes offrent un soulagement aux pays africains

Les gouvernements africains ont de plus en plus recours aux swaps de dette, aux garanties multilatérales et aux financements concessionnels pour réduire le coût des emprunts destinés aux projets énergétiques et environnementaux. À titre d'exemple, citons l'accord de dette contre développement de 1,36 milliard de dollars conclu par la Zambie, conçu pour générer des économies sur les infrastructures énergétiques, notamment une modernisation du réseau électrique d'un montant de 275 millions de dollars. De même, la Côte d'Ivoire et le Bénin ont utilisé les garanties de la Banque africaine de développement pour obtenir des financements à plus long terme et à moindre coût pour des investissements durables, et l'accord de dette contre climat du Kenya a permis d'affecter plus de 60 millions de dollars d'annulation de dette allemande à l'énergie géothermique. Ces mécanismes peuvent réduire les coûts d'emprunt, attirer des capitaux ESG et soutenir le développement. Toutefois, certains soulèvent des inquiétudes quant à la transparence, aux passifs cachés et aux demandes soudaines de garanties, comme l'illustre le projet de swap de rendement total de 5 milliards de dollars proposé par le Nigéria. Selon le FMI, ces structures opaques sont difficiles à évaluer et peuvent déstabiliser l'économie en période de fluctuations monétaires.

5. L'introduction en bourse de Dangote Refinery devrait avoir lieu dans les deux semaines à venir.

Aliko Dangote annonce que l' introduction en bourse de sa raffinerie nigériane aura lieu d'ici 10 à 12 jours, ce qui pourrait en faire la plus importante introduction en bourse d'Afrique. La raffinerie devrait lever environ 5 milliards de dollars, offrant ainsi aux investisseurs l'accès à un actif industriel majeur à un moment où les profits du raffinage ont bénéficié d'une demande accrue de carburants dans un contexte de troubles au Moyen-Orient. M. Dangote a également indiqué aux investisseurs au Botswana qu'il prévoyait de doubler la capacité de la raffinerie pour la porter à 1,4 million de barils par jour. L'installation, d'une capacité de 650 000 barils par jour, a atteint sa pleine capacité nominale en février et a même testé une production supérieure à celle prévue. M. Dangote prévoit également de lancer un nouveau projet de raffinerie sur la côte kényane le 30 septembre, ce qui constituera le plus important investissement du groupe dans le raffinage hors du Nigeria et visera à réduire la dépendance de l'Afrique de l'Est aux importations de carburants.

6. Les bénéfices d'African Rainbow Minerals augmentent de 19 %

Le groupe minier sud-africain African Rainbow Minerals (ARM) a annoncé une hausse de 19 % de son bénéfice net annuel, à 200,3 millions de dollars, pour l'exercice clos le 30 juin. Cette performance s'explique par la progression des cours des métaux du groupe platine, qui a compensé la faiblesse des résultats de ses activités charbon, minerai de fer et manganèse. Les activités liées aux métaux du groupe platine ont renoué avec les bénéfices grâce à la hausse de plus de 50 % des prix. En revanche, son unité de métaux ferreux a vu ses bénéfices chuter fortement en raison de la baisse des prix du manganèse, du renforcement du rand et de la mise en sommeil de la mine de fer de Beeshoek, dont les volumes de vente ont chuté de 75 %. La division charbon a également enregistré une perte, pénalisée par la faiblesse des prix. ARM investit environ 951 millions de dollars dans l'expansion de ses opérations de production de platine à Bokoni, dont la production maximale devrait atteindre 2032. Le groupe relance également la production de nickel à sa mine de Nkomati, qui était à l'arrêt.

7. Des économistes contestent le plan mondial de redistribution des richesses

Le Rapport mondial sur la justice, publié en juin par les experts du Laboratoire mondial des inégalités, plaide avec force pour la réduction des inégalités par le biais d'une fiscalité mondiale, de transferts fiscaux et d'un Fonds souverain mondial. Sa proposition de ramener le temps de travail annuel moyen d'environ 2 100 heures à 1 000 heures d'ici 2100 est particulièrement séduisante dans les économies riches, où les gains de productivité ont historiquement justifié une réduction du temps de travail. Cependant, les hypothèses du rapport sont difficilement applicables aux pays du Sud. Plus de 60 % de la population active mondiale – soit environ deux milliards de personnes – travaille dans le secteur informel, et nombre d'entre elles dépendent d'une activité indépendante ou de revenus irréguliers. Pour un vendeur ambulant, un petit agriculteur ou un producteur à domicile, une réduction du temps de travail peut se traduire par une baisse des revenus plutôt que par un gain de temps libre. Un groupe d'économistes soutient que la redistribution doit s'accompagner d'une « pré-distribution » : de meilleures infrastructures, un accès facilité au financement et aux marchés, une protection sociale renforcée et une meilleure représentation des travailleurs.

8. La Côte d'Ivoire maintient le prix du cacao

La Côte d'Ivoire maintiendra le prix du cacao à la production à 2,12 dollars le kilogramme pour la principale campagne de récolte, décevant ainsi les producteurs qui espéraient une hausse après la forte baisse intervenue en début d'année. Premier producteur mondial de cacao, le pays avait réduit ses prix de près de 60 % en mars suite à la chute brutale des cours mondiaux, rendant les fèves locales plus chères que sur le marché international. Les autorités ont désormais décidé de maintenir ce tarif inférieur. Le cacao représente 14 % du PIB ivoirien et fait vivre environ cinq millions de personnes. Le prix actuel est en forte baisse par rapport au niveau record, plus du double, annoncé par le président Alassane Ouattara avant sa réélection en octobre dernier. Cependant, les prix du cacao ont flambé en 2024 avant de chuter en 2025 et de s'effondrer encore cette année, contraignant les autorités à maintenir le tarif inférieur.

9. L'Afrique du Sud rouvre un corridor ferroviaire de fret stratégique

L'opérateur logistique public sud-africain Transnet a achevé la remise en service de la ligne principale du Cap après les graves dégâts causés par les intempéries de mai, qui ont perturbé cet axe de transport de marchandises essentiel pendant plus de deux mois. Les fortes pluies, les vents violents et les inondations des 11 et 12 mai ont endommagé l'infrastructure ferroviaire, entraînant la fermeture de tronçons de la ligne. Cet itinéraire relie Le Cap au réseau ferroviaire intérieur du pays et transporte des conteneurs, des produits agricoles, des biens industriels et des minéraux entre le port du Cap et le cœur économique du pays. Le responsable de l'infrastructure ferroviaire de Transnet a indiqué que la ligne a d'abord rouvert aux trains diesel le 31 juillet, avant la reprise du service électrique en août 2026. Cette réouverture rétablit un maillon essentiel pour le transport des matières premières et des produits manufacturés.

10. Ruto ordonne à Tata Chemicals de quitter le Kenya

Le président William Ruto a ordonné à Tata Chemicals de cesser ses activités au Kenya, estimant que la présence de l'entreprise n'avait pas apporté suffisamment de bénéfices au pays. Le gouvernement prévoit de faire appel à deux nouvelles sociétés pour reprendre les opérations et établir des installations industrielles supplémentaires à Kajiado. Cette critique s'inscrit dans un mouvement plus large en Afrique visant à garantir que les investissements étrangers créent des emplois et soutiennent la production locale, plutôt que de se limiter à l'extraction de ressources. Cette mesure pourrait profiter aux travailleurs et aux entreprises kényanes si les sociétés de remplacement annoncées construisent de nouvelles usines et renforcent les chaînes de valeur nationales. Cependant, elle soulève également des questions quant à la confiance des investisseurs, la stabilité des contrats et les conditions des futurs partenariats. Le Kenya devra démontrer que le remplacement de Tata peut améliorer les capacités industrielles locales sans perturber la production ni dissuader d'autres investisseurs.

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