La Bourse de Johannesburg (JSE) est en pourparlers avec Dangote Refinery en vue d'une cotation secondaire.

Note de la rédaction

Bienvenue dans ce bulletin d’information économique hebdomadaire. Au sommaire aujourd’hui :

  • La forte hausse des exportations d’or de la Tanzanie stimule les recettes minières.
  • La Bourse de Johannesburg (JSE) entame des discussions avec le groupe Dangote en vue d’une cotation secondaire.
  • La Libye vise une production quotidienne de deux millions de barils de pétrole brut d’ici 2031.
  • Les investisseurs africains en capital-risque se tournent désormais vers les startups en phase de croissance.

Nous signalons également un ralentissement du taux d’inflation annuel au Ghana, qui s’établit à 4,6 % en juillet, ainsi que l’interdiction par la République démocratique du Congo des exportations de concentrés de cuivre et de cobalt.

9 août 2026

Dix reportages. Cinq minutes.
Un regard plus clair sur l’Afrique d’aujourd’hui.

1. Le Nigeria intensifie ses activités pétrolières offshore

L'autorité nigériane de régulation du secteur pétrolier amont prévoit que le pays pourrait attirer jusqu'à 50 milliards de dollars d'investissements dans l'industrie pétrolière et gazière offshore d'ici 2030, avec au moins 22 nouveaux projets qui devraient entrer en production. La Commission nigériane de régulation du secteur pétrolier amont (NUPRC) attribue ce regain d'intérêt des investisseurs aux récentes réformes, aux appels d'offres, à la modernisation des infrastructures et au renforcement de la sécurité. L'agence indique avoir approuvé des plans de développement de gisements d'une valeur de plus de 57 milliards de dollars depuis 2024, ouvrant la voie à la prise de décision finale en matière d'investissement pour plusieurs projets. L'appel d'offres de 2025 a attribué 37 blocs à 31 entreprises, et les préparatifs pour celui de 2026 sont en cours. Cette initiative s'inscrit dans l'ambition plus large du Nigeria de quasiment doubler sa production de pétrole brut pour atteindre 3 millions de barils par jour d'ici la fin de la décennie, confortant ainsi sa position de premier producteur de pétrole d'Afrique.

2. Un assureur africain spécialisé dans les infrastructures prévoit une augmentation de son capital

L’Assurance pour le développement du commerce et des investissements en Afrique (ATIDI) ambitionne de doubler son capital pour atteindre 2 milliards de dollars d’ici deux ans, afin de soutenir des investissements d’envergure dans les infrastructures africaines. L’assureur recherche de nouveaux actionnaires, notamment la France, d’autres pays du G7 et une trentaine de pays africains qui n’ont pas encore rejoint l’institution. Créée il y a 25 ans, l’ATIDI contribue à attirer les investissements privés dans des projets à haut risque grâce à des assurances contre les risques politiques et à des garanties. Récemment, la Banque africaine de développement a porté sa participation dans l’organisation à 14 % par un investissement de 125 millions de dollars, renforçant ainsi la capacité de l’ATIDI à accroître son volume de garanties annuel. Un doublement de son capital permettrait à l’organisation de porter ses garanties annuelles à 20 milliards de dollars, soutenant ainsi des projets tels que le réseau ferroviaire moderne de Tanzanie, l’expansion de Safaricom en Éthiopie et des initiatives novatrices de restructuration de la dette visant à réduire le coût des emprunts pour les gouvernements africains.

3. L'abondante manne d'or en Tanzanie stimule les revenus miniers

L'industrie minière tanzanienne a enregistré une forte croissance en 2025, portant sa contribution au PIB à 10,3 %, contre 7,8 % un an auparavant. Cette croissance s'explique par la hausse des prix des matières premières et l'augmentation de la production, qui ont stimulé les recettes d'exportation. Les exportations de minéraux ont bondi de 31 % pour atteindre 5,4 milliards de dollars, représentant plus de la moitié des recettes d'exportation du pays et dépassant le tourisme comme principale source de devises. La forte augmentation des prix de l'or a porté les exportations d'or à 4,7 milliards de dollars, tandis que les taxes et redevances minières ont plus que doublé en quatre ans. La Tanzanie se positionne également comme un fournisseur majeur de minéraux critiques, tels que le graphite, le nickel, les terres rares et l'hélium, afin de tirer profit de la demande mondiale croissante liée aux technologies d'énergie propre. Parallèlement, le gouvernement renforce la participation locale en durcissant les règles en matière de propriété, d'emploi et d'approvisionnement, tout en développant les études géologiques pour attirer de nouveaux investissements et exploiter davantage le potentiel minier inexploité du pays.

4. La Bourse de Johannesburg (JSE) est en pourparlers avec Dangote Refinery en vue d'une cotation secondaire.

La Bourse de Johannesburg a entamé des discussions avec le groupe Dangote en vue d'une possible cotation secondaire de Dangote Petroleum Refinery, alors que l'entreprise prépare ce qui pourrait devenir la plus importante introduction en bourse (IPO) jamais réalisée en Afrique. Dangote prévoit une première cotation à la Bourse du Nigeria en octobre, levant environ 5 milliards de dollars, avant d'envisager une cotation à Johannesburg. Six bourses africaines, dont celles du Nigeria, du Kenya et la bourse régionale BRVM, discutent depuis avril d'un cadre de cotation panafricain, envisageant potentiellement le recours à des certificats de dépôt plutôt qu'à une double cotation directe. Un placement privé réalisé en juillet valorisait la raffinerie à environ 40 milliards de dollars. La compagnie pétrolière nationale nigériane détient une participation minoritaire, et le produit de l'IPO pourrait contribuer à financer la prochaine phase d'expansion de la raffinerie.

5. La Libye vise une production de pétrole de deux millions de barils par jour

La Compagnie nationale de pétrole libyenne (NOC) affirme que son plan visant à porter la production de pétrole brut à 2 millions de barils par jour d'ici début 2031 reste sur la bonne voie grâce au déblocage des fonds suite à l'adoption d'un budget national unifié négocié par les États-Unis. La NOC précise que ce premier budget consolidé depuis la scission politique du pays en 2013 lui octroie plus de 2 milliards de dollars de fonds d'exploitation, mettant ainsi fin à des années de retards de financement. La production actuelle s'élève à environ 1,4 million de barils par jour, son plus haut niveau depuis dix ans, et la compagnie prévoit de remettre en service des gisements fermés en raison des années de conflit interne. La NOC recherche 16 milliards de dollars d'investissements extérieurs pour compléter son engagement de 20 milliards de dollars afin d'atteindre l'objectif de 2 millions de barils. Un prêt récemment obtenu d'un milliard de dollars financera des projets visant à porter la production au-delà de 1,5 million de barils par jour d'ici mi-2027, une seconde tranche étant prévue une fois cet objectif atteint.

6. Le financement des startups africaines se tourne vers les startups en phase de développement plus avancé.

Le paysage du capital-risque en Afrique privilégie de plus en plus les startups établies aux dépens des jeunes entreprises, les investisseurs privilégiant des rendements plus élevés et des perspectives de sortie plus claires. Bien que les startups africaines aient levé environ 1,4 milliard de dollars au cours du premier semestre, un rythme identique à celui de l'année précédente, le nombre d'opérations de financement a diminué, ce qui a pour conséquence que les investissements les plus importants se concentrent principalement sur les entreprises en phase de croissance, affichant des revenus avérés et des modèles économiques évolutifs. Les investisseurs expliquent que la vigilance accrue des commanditaires a orienté leur attention vers les entreprises disposant de flux de trésorerie stables, au détriment des levées de fonds d'amorçage et de série A, plus risquées. Certaines sociétés envisagent également des transactions secondaires en rachetant des participations auprès d'investisseurs existants plutôt que de soutenir de nouvelles startups. Ce contexte changeant encourage les startups à privilégier la rentabilité, une croissance maîtrisée et des modèles économiques résilients plutôt qu'une expansion rapide.

7. Les réformes nigérianes sur les cryptomonnaies laissent subsister d'importantes lacunes réglementaires.

Le président nigérian Bola Tinubu a signé un décret mi-2026 visant à unifier la supervision du secteur fragmenté des actifs numériques du pays. Cependant, Iwa Salami, professeur de droit financier, souligne que d'importantes lacunes subsistent. Ce décret crée un Conseil des actifs virtuels et un Bureau des actifs virtuels au sein de la Banque centrale afin d'améliorer la coordination entre les régulateurs, dont les mandats contradictoires ont longtemps engendré une confusion quant à la classification et à la supervision des crypto-actifs. Salami note que le décret n'aborde pas la question des plateformes d'échange décentralisées, ignore largement l'utilisation croissante des stablecoins et ne fait rien pour freiner la dollarisation, la plupart des stablecoins étant indexés sur le dollar américain. Il ne prend pas non plus en compte les risques émergents liés au « commerce automatisé » piloté par l'IA. Ce décret, et non une loi, pourrait être abrogé par une future administration. Salami affirme que le Nigeria doit adopter des classifications d'actifs plus claires, une coopération internationale renforcée et une réglementation axée sur l'activité afin de créer un écosystème d'actifs numériques stable et pérenne.

8. L'inflation au Ghana baisse pour la première fois depuis mars

Au Ghana, le taux d'inflation annuel a ralenti à 4,6 % en juillet 2026, contre 5,3 % en juin, marquant ainsi le premier recul de la croissance des prix à la consommation depuis mars et soulignant la reprise économique progressive du pays. Le statisticien du gouvernement, Alhassan Iddrisu, attribue cette amélioration à la baisse de l'inflation alimentaire et à la stabilité du taux de change, qui ont contribué à maintenir l'accessibilité des produits importés. L'inflation des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées s'est établie à 3,1 %, tandis que l'inflation des importations a chuté à 2,0 %. Ce dernier chiffre est nettement inférieur aux 12,1 % enregistrés un an plus tôt, reflétant une forte modération des pressions inflationnistes. Malgré cette tendance encourageante, les décideurs politiques restent prudents, car les tensions géopolitiques, la hausse des coûts de l'énergie et les perturbations des marchés mondiaux du pétrole et des engrais pourraient relancer l'inflation dans les mois à venir.

9. Le Congo interdit les exportations de concentré de cuivre et de cobalt

La République démocratique du Congo a interdit les exportations de concentrés de cuivre et de cobalt dans le cadre d'une stratégie plus large visant à promouvoir le traitement national des minéraux et à mieux tirer profit de ses vastes ressources minérales. Le nouveau décret gouvernemental, signé par trois ministres, est entré en vigueur immédiatement, le ministre des Mines conservant toutefois le pouvoir d'accorder des dérogations d'un an dans des circonstances stratégiques. Parallèlement à cette interdiction d'exportation, les autorités ont instauré un nouveau régime fiscal ciblant les sous-produits miniers économiquement significatifs, avec une période de transition de trois mois avant son application complète. Premier producteur mondial de cobalt et deuxième fournisseur de cuivre, le Congo espère que ces mesures encourageront les investissements dans le raffinage local et augmenteront les recettes publiques issues des ressources minérales.

10. La hausse des prix des métaux accroît les recettes d'exportation de l'Afrique du Sud.

L'Afrique du Sud a généré plus de 14,6 milliards de dollars de recettes d'exportation grâce à six matières premières clés au cours du premier semestre, confirmant ainsi l'importance du secteur minier pour son économie. Les métaux précieux, notamment l'or, le platine, les diamants, les bijoux et les produits dérivés, ont représenté la majeure partie de ces recettes, tandis que le charbon y a également contribué de manière significative. Ensemble, ces exportations ont représenté plus de 3 % du PIB annuel du pays. Les prix des matières premières ont globalement progressé de 2,1 % en juillet et de 14,1 % sur un an, tirés par une hausse de 21,3 % des métaux et minéraux. Les prix du platine, de l'or et du charbon ont tous enregistré des gains annuels à deux chiffres, même si ceux de plusieurs matières premières ont reculé depuis le début du conflit au Moyen-Orient, illustrant la forte dépendance des performances à l'exportation de l'Afrique du Sud aux fluctuations des prix mondiaux.

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