LA CHRONIQUE L'uniformité de la nation française : Voici les fondations mythiques et l’exclusion de l’autre par Félicité VINCENT

Le postulat du nationalisme arrogant à la française c'est qu'on est soit uniquement Français, soit pas vraiment Français.

Le nationalisme arrogant français s'est construit sur l'idée que l'unité nationale se fonde sur un seul territoire, une seule langue, des valeurs bien définies et une histoire unique. L'homogénéisation de l'identité arrogante à la  française a donc eu lieu et continue de sévir au détriment de la diversité et de la richesse des cultures régionales ou plurinationales. Partant de ce postulat du nationalisme à la française c'est qu'on est soit uniquement Français, soit pas vraiment Français.

L'unité linguistique est nécessaire à l’existence d’un peuple à condition que cette unité ne soit pas exclusive ou répressive à l'égard des peuples dominés comme c'est  le cas l'égard des peuples d'Afrique. Il y a plusieurs siècles,  on parlait en France gascon, normand, angevin, breton, poitevin, etc.… Les français qui parlaient ces langues étaient surement considérés comme des peuples à part entière du fait de leur identité culturelle. Pour les assimiler à la nation française, au peuple unique français, selon l’idée qu’on avait conçue a priori de cette identité ; il a fallu interdire de parler ces langues et de penser autrement que comme la nation l’exigeait. Jusqu’à aujourd’hui le ressentiment est présent chez les bretons, les Corses et les basques.

Effectivement qui n’a jamais entendu un Breton parler de la France comme si sa région n'en faisait pas partie ? Est-ce que ces populations se seraient senties moins françaises, si on les avait autorisées à conserver une double identité ? Ou est-ce que, au contraire, la répression de leur identité régionale, pour les assimiler de force à la nation française, n’a pas créé un ressentiment néfaste à l’unité du peuple ? Aujourd’hui on commence à se rendre compte que cette tentative d'effacement des identités régionales constituait une erreur. Nous constatons que de nombreux français possèdent une culture multiple qui s'exprime notamment dans la langue qu'ils parlent : italien, espagnol, créole, portugais, arabe, bambara, wolof, chinois, fang etc. Pourquoi ne serait-il pas judicieux de tirer les leçons de nos erreurs vis-à-vis des cultures régionales et de les appliquer aussi aux identités plurinationales pour une réhabilitation du droit de chacune et chacun de parler ses langues et de vivre en assumant pleinement ses identités multiples ?

La présence d’une langue commune peut donner du sens à la vie ou une certaine légitimité d'ancrage territorial commun : Je suis née au Gabon et mariée  à un Chtimi, je me sens chez moi  en France que parce que je peux discuter avec les gens dans la langue que nous avons en commun, c’est-à-dire le français. Mais en réalité je ne suis pas chez moi parce que je suis une noire, que les odeurs de la terre et de la ville ressemblent plus au Gabon et que la nature et le climat ressemblent plus à Libreville. La notion d'un ancrage territorial commun ne peut avoir de sens que parce qu’on a une langue commune, en aucun cas elle ne prend son sens par amour pour les frontières. Le territoire n’est commun que parce qu’il présente une certaine communauté culturelle, et non parce que nous y sommes réunis par des frontières hermétiques. Jamais les frontières ne peuvent être considérées comme inclusives, au contraire elles excluent l'autre. Et cette langue exclue une grande partie de l'humanité.

Alors que reste-t-il ? Les valeurs communes et l’histoire !  Nous pouvons dire que les valeurs communes peuvent avoir du sens à condition qu’elles ne soient pas vides de sens et que ceux qui incarnent la volonté du peuple français les défendent en vérité. Si aujourd’hui nous sommes encore nombreux à croire que la liberté, l’égalité et la fraternité sont des valeurs qui méritent d’être défendues, nos dirigeants qui devraient être en principe les premiers à les incarner, ne défendent plus hélas qu'une seule valeur, l'argent et l’arrogance.

Reste l’histoire.

Je suis gabonaise. Je suis née à Libreville.  J'habite Bezons c’est chez moi. J’aime la France. On n’a besoin de rien d’autre que du sentiment de se sentir chez soit pour aimer un pays que nos aïeux ont tant donné en versant le sang.

Pourtant la France m’a menti en m’enseignant une histoire fausse. Mes ancêtres n’étaient pas Gaulois, mes ancêtres sont les Ntoumou, Okak, Mvaï, Nzaman, Betsi, Mekè, kóló, ìtón, bulu, peut-être même Egyptiens… Mais a-t-on besoin de mentir ? Postulons que nous ayons besoin de mythes fondateurs pour donner corps à l’unité d’un peuple. On peut donc ce poser cette question est-ce qu’Astérix et Obélix ne suffisent pas à rendre les populations gauloises sympathiques aux générations de français qui naissent ? Leur dire que ces populations occupaient la France bien avant nous est ce que ça ne suffit pas ? Est-ce que nous avons besoin de croire que ces gaulois sont nos ancêtres ? Pourquoi aura-t-on besoin d’une filiation mythique pour appartenir au peuple français ?

 Est-ce qu’on ne pourrait pas plutôt être tout simplement unis par la conscience universelle d’avoir un avenir commun à construire les ponts ensemble ?

Nous voyons que l’histoire est un élément très problématique de la conception uniformisant d’un peuple ou d’une patrie, dans le sens où l’histoire bien sûr telle qu’elle est racontée en France, est synonyme, dans la construction nationale, de filiation, donc aussi de race, d’ethnie, d’origine, etc. … Pour agir ensemble, la langue, le territoire, les valeurs communes, à condition qu’ils ne soient pas exclusifs et arrogant, peuvent unir au présent pour construire un avenir en commun. Mais cette histoire dans sa dimension filiale est inacceptable, car elle étouffe. On ne construit pas une culture nationale tournée vers le passé et en excluant une grande partie de l'humanité vers le modernisme, cette  population est une grande richesse, l'exclusion c’est même l’exact contraire d’unir ! Personne ne sait vraiment qui est ses ancêtres, ce qui n’empêche pas de trouver un intérêt certain à connaître l’histoire des populations et des cultures qui ont habité un territoire donné.

La conscience universelle  d'un avenir commun peut nous unir. Les ponts du futur pourraient être une partie de cette alternative dont nous avons désespérément besoin. Encore faut-il le vouloir.

Car tout vient de l'esprit, tout est dans l'esprit. La conscience universelle nous met en relation avec elle. Il nous rapproche de la sagesse suprême celle d'accepter l'inconnu et le mystère dans leur impénétrabilité sacrée.

Nous sommes face à deux voies la servitude ou la liberté. La bonne est celle de traverser les souffrances terrestres que nos ennemis nous imposent avant d’atteindre la félicité céleste.

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