1. Les dirigeants des pays du Sud lancent un plan ambitieux pour la dignité économique
Dans une démarche historique visant à transformer la dépendance en dignité, le président ghanéen John Dramani Mahama a présidé la réunion d'Accra, intitulée « Réinitialisation d'Accra : Réunion de Davos », le 22 janvier 2026. Ce rassemblement de haut niveau des dirigeants des pays du Sud, diffusé par Africa.com, s'est concentré sur le démantèlement du « triple fardeau de la dépendance », à la fois géopolitique et financière. Les discussions ont principalement porté sur une meilleure valorisation des ressources naturelles africaines et sur l'objectif ambitieux de rapatrier 15 % de la richesse souveraine du continent pour financer les infrastructures nationales. Parmi les principaux résultats figurent la création d'un Secrétariat mondial permanent à Accra et d'un nouveau Groupe de haut niveau sur l'architecture mondiale de la santé. En privilégiant une croissance durable et la coopération Sud-Sud, cette initiative marque le début d'une ère nouvelle et audacieuse où la souveraineté se mesure à l'aune des résultats concrets.
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2. Le rand sud-africain atteint son plus haut niveau en trois ans.
La monnaie sud-africaine a atteint son plus haut niveau depuis plus de trois ans, portée par une conjonction de facteurs mondiaux et nationaux favorables. Le rand a gagné 1 % face au dollar, surperformant la plupart des devises des marchés émergents, suite à une forte hausse des marchés déclenchée par l'apaisement des tensions géopolitiques. Parallèlement, les cours record de l'or ont constitué un important moteur de cette progression. Sur le plan intérieur, des données rassurantes sur l'inflation laissent entrevoir la possibilité pour la banque centrale de baisser ses taux d'intérêt, renforçant ainsi la confiance des investisseurs. Cette combinaison efficace d'une meilleure tolérance au risque à l'échelle mondiale, d'un soutien important des matières premières et de fondamentaux économiques nationaux stables a créé les conditions idéales pour l'impressionnante appréciation du rand. Elle a également contribué à une baisse des rendements des obligations d'État.
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3. Afreximbank rompt ses relations avec Fitch suite à un différend sur la notation.
La Banque africaine d'import-export (AfreximBank) a rompu ses relations avec l'agence de notation Fitch Ratings, aggravant ainsi le différend concernant la méthode d'évaluation de sa solvabilité par cette dernière. Cette décision fait suite à la dégradation de la note de la banque par Fitch l'an dernier, la plaçant à un seul cran au-dessus de la catégorie spéculative. AfreximBank conteste cette décision, estimant qu'elle ne tient pas compte des protections juridiques et du cadre de gouvernance définis dans son accord fondateur. La perspective de la notation étant désormais négative, la banque semble réticente à prendre le risque d'une nouvelle dégradation, compte tenu de ce qu'elle considère comme une méthodologie défaillante. Cette rupture souligne les tensions croissantes entre les institutions de développement africaines et les agences de notation internationales, et soulève de nouvelles questions quant à l'évaluation des institutions multilatérales des pays du Sud.
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4. L'Afrique devient la soupape de sécurité des exportations chinoises
Les exportations chinoises vers l'Afrique ont explosé en 2025, creusant le déficit commercial du continent avec Pékin à un niveau record de 102 milliards de dollars. Cette hausse s'explique par la recherche de nouveaux marchés par les entreprises chinoises, dans un contexte de pressions commerciales américaines croissantes. Les données montrent que les expéditions de la Chine vers l'Afrique ont bondi de près de 26 % pour atteindre 225 milliards de dollars, dépassant largement les exportations africaines vers la Chine, qui ont progressé modestement à 123 milliards de dollars. Les analystes attribuent cet afflux de marchandises, notamment d'équipements industriels essentiels et de panneaux solaires, à la volonté des entreprises chinoises de conquérir de nouveaux marchés face aux tensions commerciales exacerbées avec les États-Unis. Si ces exportations fournissent à l'Afrique les biens d'équipement nécessaires à son développement, elles soulignent également une dépendance croissante. Bien que la Chine ait instauré une politique de droits de douane nuls pour soutenir les exportations africaines, des obstacles fondamentaux persistent, tels que la faible capacité industrielle et les barrières non tarifaires élevées, ce qui maintient le profil commercial du continent fortement orienté vers les matières premières.
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5. Le taux de pauvreté au Ghana diminue à nouveau.
Le Ghana enregistre des progrès constants dans la lutte contre la pauvreté, son taux de pauvreté multidimensionnelle ayant baissé pour le troisième trimestre consécutif, selon les nouvelles données du Service statistique du Ghana. Cet indice, qui mesure les privations en matière de santé, d'éducation, d'emploi et de conditions de vie de base, est passé de 23,9 % début 2025 à 21,9 % au troisième trimestre. De ce fait, près d'un million de personnes sont sorties de la pauvreté en un an, ce qui témoigne d'améliorations modestes mais significatives du niveau de vie. Cependant, les autorités soulignent que les causes profondes de la pauvreté demeurent, les difficultés les plus importantes restant concentrées parmi les ménages sans instruction formelle et d'autres groupes vulnérables. Malgré cette tendance positive, des efforts ciblés et soutenus sont indispensables pour garantir une croissance inclusive.
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6. Le Nigeria approuve des incitations sur mesure pour le projet pétrolier de Shell
Dans le cadre d'une initiative ciblée visant à dynamiser son secteur énergétique, le président nigérian Bola Tinubu a approuvé des incitations spécifiques pour le gigantesque projet pétrolier en eaux profondes de Bonga Sud-Ouest, mené par Shell. Cette décision stratégique a pour objectif d'accélérer la décision finale d'investissement, attendue de longue date et essentielle pour débloquer des milliards de dollars de nouveaux capitaux. M. Tinubu a souligné qu'il ne s'agit pas de concessions générales, mais d'incitations précises, liées à la performance, conçues pour récompenser les nouveaux investissements, accroître la production de pétrole et favoriser une forte intégration du contenu local. Le gouvernement s'attend à ce que Shell finalise son engagement avant la fin du mandat présidentiel actuel. Cette initiative illustre la nouvelle stratégie du Nigeria visant à restaurer la confiance des investisseurs et à tirer parti de grands projets comme Bonga, qui pourrait ajouter 225 000 barils par jour, pour stimuler la croissance économique et les recettes en devises.
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7. Les États du Golfe renforcent leur emprise sur l'avenir vert de l'Afrique
Les États du Golfe, sous l'impulsion des Émirats arabes unis, consolident rapidement leur position dominante dans le secteur des énergies renouvelables en Afrique, redéfinissant la transition écologique du continent. Disposant d'importants capitaux et stimulées par des marchés intérieurs limités, les entreprises émiraties et autres sociétés du Conseil de coopération du Golfe ont investi des dizaines de milliards de dollars dans des projets africains d'énergie solaire, éolienne et de stockage au cours des cinq dernières années. Des acteurs majeurs tels qu'AMEA Power, Masdar et ACWA Power (Arabie saoudite) développent des mégaprojets dans des pays dotés de marchés énergétiques dynamiques, tandis que des fonds soutenus par le Golfe financent des projets allant de la modernisation des réseaux électriques à l'acquisition de minéraux critiques. Parallèlement, les Émirats arabes unis se sont imposés comme un pôle d'attraction pour les innovateurs en matière d'énergie hors réseau ciblant l'Afrique rurale. Face à la course contre la montre menée par l'Afrique pour combler son déficit énergétique, les capitaux, l'expertise et l'ambition à long terme du Golfe deviennent indispensables.
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8. La Chine repense sa stratégie de financement en Afrique
Les prêts chinois à l'Afrique ont chuté brutalement à 2,1 milliards de dollars en 2024, soit près de la moitié du niveau de l'année précédente et une fraction de leur pic de 28,8 milliards de dollars atteint en 2016, signe d'un net changement de stratégie pour Pékin. De nouvelles données de l'Université de Boston montrent que la Chine délaisse les mégaprojets fortement endettés au profit d'investissements plus modestes, commercialement viables et présentant moins de risques. Un élément clé de cette nouvelle phase est la forte volonté d'utiliser le yuan, la monnaie chinoise, pour les prêts et la coopération financière. Ce virage fait suite aux pertes et aux défauts de paiement enregistrés pendant la pandémie dans des pays comme la Zambie et le Ghana. Ce recentrage stratégique vers des instruments de marché sélectifs vise à atténuer les risques liés à la dette tout en approfondissant les liens économiques, marquant ainsi le début d'une ère plus réfléchie dans les relations sino-africaines.
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9. Ivanhoe Atlantic envisage une introduction en bourse aux États-Unis.
Ivanhoe Atlantic envisage une cotation à la Bourse de New York en 2026 après avoir franchi une étape majeure dans le développement de son gisement de minerai de fer en Guinée. La société minière a récemment obtenu l'autorisation d'acheminer le minerai de fer de Kon Kweni par voie ferrée, une étape cruciale qui améliore considérablement la viabilité commerciale du projet. Face à l'atténuation des incertitudes liées aux infrastructures, le président exécutif, J. Peter Pham, indique que l'entreprise a collaboré étroitement avec le gouvernement américain et a reçu des retours encourageants. Si une cotation aux États-Unis est l'option privilégiée, Ivanhoe Atlantic étudie également la possibilité d'une cotation secondaire en Australie. Cette opération marquerait un tournant décisif pour l'entreprise, qui cherche à attirer des capitaux internationaux et à accélérer le développement de l'un des gisements de minerai de fer les plus prometteurs d'Afrique de l'Ouest.
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10. Chery acquiert l'usine sud-africaine de Nissan
Le paysage automobile sud-africain s'apprête à connaître une transformation majeure avec le rachat par le constructeur automobile chinois Chery de l'usine historique de Rosslyn, propriété de Nissan. Selon un accord qui devrait être finalisé d'ici mi-2026, Chery acquerra le site de production, les bâtiments et une unité d'emboutissage voisine, marquant ainsi le début d'une nouvelle ère pour l'un des pôles automobiles les plus importants du pays. Point crucial, la plupart des employés de Nissan conserveront leurs conditions de travail, ce qui atténuera les craintes de pertes d'emplois et de perturbations de la chaîne d'approvisionnement. Toutefois, si Nissan se retire de la production locale, la marque ne quitte pas pour autant l'Afrique du Sud. Elle s'est engagée à maintenir ses activités de vente et de service après-vente, ainsi qu'un ambitieux programme de lancement de nouveaux produits pour 2026. Cet accord témoigne à la fois du changement et de la continuité sur un marché automobile en pleine mutation.
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