Nathalie Yamb sanctionnée par l’UE : bannie d’Europe et frappée au portefeuille

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Le Conseil européen a tranché. Depuis le 26 juin 2025, Nathalie Yamb figure sur la liste des personnalités sanctionnées pour menace à la sécurité de l’Union. Conséquence directe : interdiction d’entrée dans l’espace Schengen et gel de ses avoirs dans les 27 États membres. L’activiste helvético-camerounaise, très médiatisée pour ses prises de position anti-occidentales, est accusée de collusion avec des réseaux proches du Kremlin et de participation à des campagnes de désinformation ciblant l’Europe.

Selon le Journal officiel de l’UE, Nathalie Yamb soutiendrait activement les intérêts russes en relayant des narratifs pro-Moscou, au détriment de la stabilité européenne. L’Union lui reproche de diffuser des discours considérés comme une menace directe à la démocratie, à la sécurité et à l’ordre public sur le continent. Cette décision s’inscrit dans le cadre du mécanisme de lutte contre les « menaces hybrides », renforcé depuis octobre 2024, pour contrer l’ingérence étrangère sur fond de tensions géopolitiques croissantes.

Âgée de 55 ans, Nathalie Yamb est devenue en quelques années une figure incontournable du panafricanisme contestataire. Forte d’une audience numérique dépassant le million d’abonnés, elle s’adresse à une jeunesse africaine en quête de souveraineté et en rupture avec les anciennes puissances coloniales. Depuis son expulsion de Côte d’Ivoire en 2019, son image de femme libre s’est consolidée, notamment par sa participation au sommet Russie-Afrique ou encore par sa présence lors des référendums organisés par Moscou en Ukraine en 2022.

Pour ses détracteurs, cette proximité idéologique avec la Russie pose un réel problème d’influence. Pour ses soutiens, elle incarne la voix d’un continent qui refuse d’être dicté. Et c’est là que le bât blesse. Car en visant Yamb, l’UE prend le risque de conforter son statut de martyre d’un ordre international jugé injuste et oppressif. Déjà, les réactions s’enflamment : certains dénoncent une atteinte grave à la liberté d’expression, d’autres saluent une mesure de sécurité légitime.

Face à cette tempête, Nathalie Yamb reste curieusement silencieuse. Une pause médiatique inhabituelle, que beaucoup perçoivent comme stratégique. Prépare-t-elle une riposte ? En tout cas, des analystes redoutent que cette mesure ouvre la voie à d'autres sanctions contre des figures panafricanistes influentes comme Kémi Séba ou Alain Foka.

L’affaire Nathalie Yamb dépasse la simple question de sanctions ciblées. Elle révèle un bras de fer plus profond entre puissances en lutte pour l’influence sur le continent africain. Alors que la Russie muscle sa stratégie de présence, notamment médiatique, l’Union européenne tente de conserver ses bastions, quitte à utiliser la méthode forte.

Mais cette stratégie punitive ne risque-t-elle pas de renforcer le ressentiment populaire et de nourrir l’idée d’un néocolonialisme masqué ? En voulant neutraliser une voix dissidente, l’Europe ne fait-elle pas de Nathalie Yamb le symbole d’une résistance globalisée ?

Dans cette affaire, chacun choisira son camp. Mais une chose est sûre : au cœur du tumulte, l’Afrique regarde, écoute, et apprend à décrypter.