Car officiellement, c'est niet. Comme elle l'a de nouveau assuré il y a quelques jours dans nos colonnes, la maire (PS) de Paris, réélue pour un deuxième mandat début juillet, « ne sera pas candidate » à la présidentielle de 2022. « En revanche, je prendrai toute ma part au débat, à partir de mon expérience et de mon action », précisait-elle. Il n'empêche, en macronie, beaucoup la soupçonnent de n'avoir pas totalement renoncé à incarner un recours, comme candidate capable de fédérer les différentes composantes de la gauche.
« Hidalgo est la plus dangereuse, souligne un poids lourd du gouvernement Castex. Elle n'a pas froid aux yeux. Elle n'est pas tremblante comme une feuille, ce qui, à ce niveau de jeu, ne pardonne pas ». Un haut cadre de la République en marche partage la même analyse. « Il faut la prendre très au sérieux, met-il en garde. Elle est une mauvaise maire, mais j'ai toujours dit qu'elle serait une excellente candidate. Contrairement à ce qu'elle répète, elle est dans une logique qui se nationalise. Ce n'est pas anodin d'aller voir Eric Piolle. »
Une référence à l'initiative commune menée avec son « ami », maire EELV de Grenoble, d'un réseau des grandes villes françaises gérées en commun par les socialistes et les écologistes, que la maire a lancé le 21 juillet dernier à Tours aux côtés d'une vingtaine de maires PS et écolos. Plate-forme qui pourrait préfigurer un futur arc vert et rose en vue de l'élection présidentielle.
« L'entourage de Macron surveille Hidalgo, c'est certain, poursuit ce député de la majorité. C'est une femme politique solide, qui a gagné deux élections à Paris, qui connaît les campagnes, les médias… A gauche, ça se joue entre elle et Yannick Jadot. » Mais, selon le même, elle ne représente pas, pour l'instant, une menace sérieuse. « Elle le deviendrait si elle créait l'émulation autour d'elle, si elle racontait une histoire autour d'une candidature qui rassemblerait socialistes, écologistes, société civile et que les choses s'emballaient positivement. »
Une autre condition serait « une nécessaire clarification politique » de sa part, estime un autre parlementaire LREM. « Elle se présente comme une grande sociale-démocrate mais pour maintenir sa majorité, elle multiplie les concessions aux communistes et à la gauche des écolos. Sans compter qu'elle s'affiche avec Eric Piolle qui est anti-technologie et quasi complotiste sur certains sujets comme la 5G. » « Elle se tourne vers EELV, dans une sorte de populisme de gauche, qui va parfois contre le progrès », abonde ce Marcheur historique.
Reste que, selon un macroniste parisien, le vrai danger pourrait venir d'ailleurs. « Au vu de la désorganisation actuelle à gauche et des derniers sondages qui montrent que la société française s'est droitisée, c'est davantage une candidature de la droite modérée qui pourrait fracturer l'électorat de Macron, estime-t-il. Mais à deux ans de la présidentielle, tout peut arriver… »
SOURCE : Le Parisien
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