Tinubu fait l'objet d'un nouvel examen minutieux concernant des documents du FBI scellés.

Note de la rédaction

Dans cette édition, nous vous présentons :

  • Des documents du FBI classés confidentiels dans les années 1990 concernant le président Bola Tinubu suscitent un regain d’intérêt.
  • Des troupes érythréennes auraient progressé dans la région du Tigré, en Éthiopie.
  • La Guinée-Bissau envisage de reporter ses élections générales de décembre.
  • L’Afrique du Sud tire profit de ses réserves de minéraux critiques dans un contexte de frictions avec Washington.

Nous signalons également que l’Éthiopie réaffirme ses revendications sur la mer Rouge et le bassin du Nil.

9 octobre 2026

Dix reportages. Cinq minutes.
Un regard plus clair sur l’Afrique d’aujourd’hui.

RADIOTAMTAM AFRICA
La Parole est une Force.

 

1. Les troupes érythréennes auraient progressé plus profondément au Tigré.

Des troupes érythréennes pénètrent plus profondément dans la région éthiopienne du Tigré, alors que les combats s'intensifient entre les forces fédérales et le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT). Des habitants d'Adigrat ont déclaré à la BBC avoir vu des dizaines de camions militaires se déplacer de la frontière érythréenne vers le centre du Tigré, certains transportant des armes lourdes. Ces développements sont particulièrement significatifs car l'Éthiopie et l'Érythrée ont combattu côte à côte contre le FLPT lors de la guerre du Tigré de 2020-2022. Cependant, les relations se sont depuis détériorées en raison des ambitions éthiopiennes d'accès à la mer Rouge. Les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques la semaine dernière, Addis-Abeba expulsant dix diplomates érythréens. Addis-Abeba accuse l'Érythrée de soutenir le FLPT, ce qu'Asmara dément. Cette situation risque d'étendre le conflit à toute la Corne de l'Afrique.

2. Tinubu fait l'objet d'un nouvel examen minutieux concernant des documents du FBI classés confidentiels.

Depuis trois ans, le président Bola Tinubu s'oppose à la divulgation de documents du FBI relatifs à une enquête pour trafic de drogue menée à Chicago dans les années 1990. Cependant, ses efforts semblent s'essouffler. En août, le FBI a reconnu détenir un dossier le concernant, et des centaines de pages ont depuis été rendues publiques. Parmi les documents publiés à ce jour figurent des allégations selon lesquelles Tinubu aurait aidé à blanchir de l'argent pour un réseau présumé de trafic de drogue et qu'environ 460 000 dollars liés à ses comptes ont été saisis dans le cadre d'une procédure de confiscation civile. Il n'a toutefois jamais été inculpé. Aaron Greenspan, le plaignant californien à l'origine de cette action en justice pour la transparence, milite pour une divulgation plus complète. Les avocats américains de Tinubu cherchent à bloquer cette initiative, arguant que le droit à la vie privée s'applique et que cette affaire est motivée par des considérations politiques nigérianes. La conséquence politique immédiate est un examen plus approfondi du président. À plus long terme, la question est de savoir si de nouvelles divulgations influenceront l'évolution politique en vue des élections présidentielles nigérianes de 2027.

3. Les minéraux critiques donnent à Pretoria un avantage dans le contexte du conflit avec Washington

Les relations entre les États-Unis et l'Afrique du Sud se tendent politiquement, malgré l'importance de leurs échanges commerciaux. Le 15 septembre, le secrétaire d'État Marco Rubio a annoncé des restrictions de visa visant les Sud-Africains soupçonnés d'être impliqués dans des expropriations foncières non indemnisées, des discriminations raciales et des violences contre les minorités. Le 29 septembre, Pretoria a réprimandé l'ambassadeur américain pour avoir publiquement critiqué le gouvernement sud-africain. Les analystes de l'Institute for Security Studies estiment que la réalité de cette relation diffère de l'image qu'elle renvoie : les échanges de biens et de services entre les deux pays ont progressé de plus de 10 % en 2025, atteignant près de 29 milliards de dollars, et les investissements américains sont restés relativement stables. Si les réserves de platine de l'Afrique du Sud et son rôle dans les chaînes d'approvisionnement en minéraux critiques confèrent à Pretoria un avantage dans ce différend, Washington dispose d'atouts économiques et diplomatiques. Les deux pays sont également confrontés à des élections à venir, ce qui incite les dirigeants politiques à adopter des positions plus fermes. La relation sera mise à l'épreuve après les élections, lorsque les deux parties devront déterminer si leurs intérêts économiques communs l'emportent sur les frictions politiques.

4. Le chef de l'armée soudanaise rejette les pourparlers avec les rebelles.

Le chef d'état-major de l'armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, a rejeté toute négociation avec les Forces de soutien rapide (FSR) et s'est engagé à reprendre l'ensemble du territoire contrôlé par ce groupe paramilitaire. Cette déclaration intervient alors que les combats se poursuivent au Kordofan-Occidental et dans la région du Nil Bleu. Le conflit, qui a débuté en avril 2023 suite à un différend concernant l'intégration des FSR au sein de l'armée, a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé environ 13 millions de personnes. La dynamique des combats renforce la confiance du camp de Burhan et sa position face aux pressions nationales et internationales en faveur d'une trêve. Toutefois, elle réduit la marge de manœuvre pour une médiation, d'autant plus que les FSR conservent une influence territoriale et militaire. À plus long terme, le risque est que la poursuite des affrontements militaires accentue la fragmentation du pays et retarde la transition vers un gouvernement civil.

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5. L'Éthiopie réaffirme ses revendications sur la mer Rouge

L'Éthiopie a réaffirmé ce qu'elle considère comme ses intérêts légitimes en mer Rouge et son rôle central dans le bassin du Nil, rejetant des mesures qu'elle qualifie de coercitives. Cette déclaration, publiée par le ministère éthiopien des Affaires étrangères, fait suite à un sommet en Égypte réunissant l'Égypte, l'Érythrée, la Somalie et le Soudan. Les dirigeants ont réaffirmé les usages actuels des eaux du Nil et se sont opposés aux mesures unilatérales qui affectent l'accès de l'Égypte et du Soudan à ces eaux. Addis-Abeba a souligné que le Nil Bleu prend sa source en grande majorité en Éthiopie et a déclaré que les accords régionaux maritimes et de sécurité doivent prendre en compte les intérêts de l'Éthiopie. Le pays a également insisté sur les liens historiques de l'Éthiopie avec la mer Rouge, notant que sa frontière la plus proche se situe à seulement 48 kilomètres de celle-ci. Bien que l'Éthiopie n'ait pas mentionné le sommet, la déclaration indique clairement qu'Addis-Abeba estime que les États voisins ne peuvent négocier d'accords régionaux sans tenir compte de ses intérêts. Ce différend concernant l'accès à l'eau et à la mer risque de renforcer les blocs régionaux et d'entraîner une confrontation durable dans la Corne de l'Afrique.

6. Les électeurs sud-africains sont invités à examiner attentivement la planification municipale

Une experte reconnue en urbanisme soutient que les Sud-Africains devraient examiner de près la planification municipale plutôt que de se focaliser uniquement sur les défaillances visibles des services publics. À l'approche des élections locales, les candidats promettent de réparer les nids-de-poule, les pannes de courant et d'améliorer la collecte des ordures. Or, selon elle, ces résultats découlent de décisions d'aménagement urbain antérieures concernant le lieu de résidence, de travail et de déplacement des habitants. Elle encourage les citoyens à exiger le plan d'aménagement du territoire de leur municipalité, car seulement 51 % des municipalités s'y sont conformées, et à s'informer sur le nombre d'urbanistes qualifiés employés. L'experte recommande également d'examiner attentivement les tribunaux d'urbanisme, de privilégier l'amélioration des quartiers informels plutôt que la construction de nouveaux logements éloignés, et de lier les transports à l'utilisation des sols. Ces recommandations offrent aux citoyens des outils concrets de contrôle, tout en incitant les conseillers et les responsables municipaux à expliquer le processus décisionnel en matière d'aménagement.

7. L’Union africaine exhorte les rebelles congolais à poursuivre les pourparlers de paix

Une mission de médiation de l'Union africaine a exhorté à la poursuite des efforts de paix dans l'est de la République démocratique du Congo après sa rencontre avec les dirigeants du mouvement rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda. La délégation, comprenant l'ancien président kényan Uhuru Kenyatta, l'ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde et l'ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi, a pressé les rebelles de respecter les engagements de Doha de juillet 2025, d'adhérer au cessez-le-feu et de coopérer avec les équipes de vérification, tout en insistant sur la protection des civils et l'accès humanitaire. L'AFC/M23 contrôle de vastes zones du Nord et du Sud-Kivu, ce qui lui confère un important levier d'action dans son conflit avec le gouvernement congolais. Jusqu'à présent, le processus de paix n'a permis que des progrès limités, notamment la libération de détenus. Si les mécanismes de cessez-le-feu sont maintenus, les civils en bénéficieront bien davantage. À plus long terme, l'issue du processus déterminera le contrôle territorial du Congo, les relations entre le Rwanda et le Congo, ainsi que la diplomatie régionale.

8. Un groupe anti-migrants sud-africain bloque un centre de réfugiés

Une manifestation du groupe anti-immigration March and March a bloqué l'accès à un centre d'accueil de réfugiés du ministère de l'Intérieur à Durban, alors que des demandeurs d'asile faisaient la queue pour déposer leur demande de protection. Cette manifestation intervient alors que le ministère de l'Intérieur applique une directive autorisant l'accueil de toute personne se présentant en personne pour demander l'asile, suite à un arrêt de la Cour constitutionnelle rendu en juillet dernier. Cet arrêt a invalidé les dispositions pénalisant l'entrée irrégulière ou les demandes tardives. La dirigeante du groupe, Jacinta Ngobese-Zuma, a critiqué cette décision, affirmant que cette réforme encourage les criminels. La manifestation permet à March and March de contester publiquement cette politique. Cependant, elle empêche temporairement les demandeurs d'asile d'accéder à un service public auquel ils ont droit. Ce différend met également le ministère de l'Intérieur sous pression, l'obligeant à trouver un équilibre entre la liberté de manifestation, les droits constitutionnels et ses capacités administratives.

9. Les élections au Soudan du Sud font face à des obstacles croissants

Le 22 décembre, le Soudan du Sud doit tenir ses premières élections générales depuis son indépendance. Cependant, les préparatifs restent incomplets, ce qui soulève des interrogations quant à la capacité de ce scrutin à instaurer une transition politique crédible. Les autorités reconnaissent des retards de financement et des lacunes juridiques dans certaines zones administratives. L'inscription des électeurs, l'éducation civique et les principaux dispositifs juridiques sont également à finaliser. Les préparatifs sécuritaires sont eux aussi incomplets, notamment le déploiement des forces unifiées requis par l'accord de paix de 2018. L'absence du chef de l'opposition, Riek Machar, assigné à résidence depuis mars 2025 et en attente de jugement, complique encore la situation. Néanmoins, 39 partis politiques se sont engagés à maintenir le calendrier électoral. Cette situation est favorable au gouvernement du président Salva Kiir, qui conserve ainsi la maîtrise du processus électoral. Toutefois, des élections mal préparées ou discriminatoires pourraient nuire à la légitimité du scrutin et exacerber les tensions politiques.

10. La junte de Guinée-Bissau annonce un report des élections

La Guinée-Bissau se dirige vers un possible report des élections présidentielles et législatives prévues le 6 décembre, la Commission électorale nationale ayant déclaré que les conditions nécessaires à la tenue du scrutin ne seraient pas réunies à temps. Ces élections visaient à rétablir un régime civil après un an de pouvoir militaire, la junte ayant pris le pouvoir en novembre 2025. Le Premier ministre Ilídio Vieira Té a affirmé qu'il était impossible d'organiser des élections crédibles, les partis politiques n'étant pas encore prêts à y participer. Il a également souligné la nécessité de renouveler la direction de nombreux partis. Toutefois, ce report prolongerait le régime militaire au-delà du calendrier initial. Les enjeux à moyen terme sont considérables : reporter les élections pourrait fragiliser la confiance dans la transition, aggraver l'incertitude politique et renforcer le rôle de l'armée dans la gouvernance de la Guinée-Bissau.

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