Cameroun – 20 mai : Une fête de l’unité nationale sous le signe des tensions politiques

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Le Cameroun a célébré ce 20 mai 2025 sa fête nationale, symbole officiel de l’unification des régions francophones et anglophones du pays. À Yaoundé, comme chaque année, le président Paul Biya a présidé la parade militaire sur le boulevard du 20-Mai, avant de convier plus d’un millier d’invités à un banquet d’apparat au palais présidentiel. Des festivités similaires ont eu lieu dans les dix régions, orchestrées par les autorités locales.

Dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, souvent sous tension, les défilés se sont tenus sans incident majeur. À Buea, toutefois, un engin explosif improvisé a été désamorcé à proximité de la place des cérémonies, selon une source policière. Malgré ce climat sous surveillance, les autorités ont maintenu les festivités, souhaitant afficher un retour progressif à la normalité.

Mais derrière les fanfares et les uniformes, les tensions politiques restent palpables. À Monatele, le président du Parti Alliance Libérale (PAL), Célestin Bedzigui, a fustigé l’exclusion de ses militants du défilé officiel. Il a dénoncé une décision « inique et scélérate » de l’Administration territoriale, estimant qu’elle va à l’encontre même de l’esprit du 20 mai, censé symboliser le rassemblement national.

À Yaoundé, les membres du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) étaient absents du cortège, tandis qu’à Bafang, des militants du même parti ont pu défiler, illustrant l’irrégularité dans l’application du pluralisme politique selon les régions.

Plusieurs voix se sont élevées pour remettre en question la légitimité de cette date comme journée nationale. L’avocat et candidat déclaré à la présidentielle Christian Timbane a renouvelé son engagement à proposer un référendum sur l’abandon du 20 mai. Il préconise plutôt des dates symboliquement fortes comme le 13 septembre, en hommage à Ruben Um Nyobè, leader indépendantiste assassiné en 1958.

Malgré les efforts déployés pour faire du 20 mai un moment d’unité nationale, cette date agit de plus en plus comme un miroir des fractures internes. Entre les célébrations officielles et les critiques sur l’exclusion politique, elle reflète les limites d’un consensus encore fragile autour des symboles nationaux.

La disparité dans la participation des partis politiques démontre la difficulté d’exprimer librement les divergences dans l’espace public camerounais, y compris durant une journée censée rassembler. Pourtant, les contestations émergentes signalent qu’une partie de la société aspire à redéfinir les fondements de l’unité nationale sur des bases plus inclusives et partagées.

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