Par Daniel Mengara
Chers compatriotes,
La récente nomination de Nourredine Valentin au poste aux contours nébuleux, mais pourtant ultra-tentaculaire, de « Coordinateur des affaires présidentielles » de son père vient confirmer les pressantes préoccupations exprimées dans notre récent livre, « Le Gabon en danger – Du Devoir de Réforme au Devoir de Violence ». Elle vient aussi rendre justice au sous-titre du même ouvrage, qui décrit le Gabon comme une « République monarchique « bananisée » en état de déliquescence ».
Une République est monarchique quand, s’armant du népotisme le plus abject, elle fomente pendant plus d’un demi-siècle la transmission dynastique du pouvoir aux membres de la même famille, du même clan, qui s’arrogent ainsi le droit exclusif, hors de toute injonction constitutionnelle ou républicaine, d’être les seuls à pouvoir diriger leur pays.
Une République est déliquescente quand la combinaison des deux premiers facteurs—monarchisation et bananisation—s’allient pour projeter l’image d’un pays à la dérive dont les dirigeants naviguent à vue, établissent le désordre, l‘improvisation, l’incompétence, la corruption, l’impunité et toutes les déviances humaines les plus abjectes comme des valeurs et, en sus, maintiennent un « président » cadavérique au pouvoir juste pour donner aux mangeurs la possibilité de manger encore un peu plus du sang gabonais qui nourrit le système bongoïste depuis 52 ans.
Cela veut dire aussi, en termes plus simples, que le Gabon n’est plus un pays digne de porter le qualificatif de « République ». Le Gabon est devenu, sous les Bongo, un « non-État », un État failli caractérisé par un chaos institutionnel tellement chronique que seule une révolution pourrait apporter les ruptures qui permettraient l’irrévocable irruption d’un Gabon nouveau.
La nomination de Nourredine Valentin ne saurait non plus passer sans rappeler les procédures opaques qui permirent à Jacques Foccart, sous les ordres directs du général de Gaulle, de fomenter la modification de la Constitution qui permit à Albert-Bernard Bongo de succéder sans coup férir à un Léon Mba mourant dans un hôpital de Paris en 1967. Ce fût là un coup de force contre le Gabon qui ne révéla jamais véritablement son nom. Mais ce fû
t également là, hélas, le coup de force qui institua genèse de ce qui deviendra, 52 années plus tard, la malédiction bongoïste qui aujourd’hui fait du Gabon un pays sans foi ni loi dans lequel des Bongo et des Valentin se sentent le droit le plus absolu de se proclamer rois au détriment de la volonté des peuples du Gabon.
La différence en ce décembre 2019 est que ce n’est plus la France, mais le clan des Bongo qui, cette fois, a décidé de consacrer la prise en otage définitive du Gabon, comme pour dire aux Gabonais que « seuls les Bongo et les Valentin ont désormais le droit de diriger le Gabon et ils vont maintenant se passer le pouvoir de père en fils, ou de mouton à cabri s’il le faut, mais aucun autre Gabonais digne de ce qualificatif ne mérite de diriger ce pays ».
Une République est « bananisée » quand, comme nous l’avons vu avec les récentes arrestations aux contours tout aussi nébuleux, la corruption y devient endémique et impunie, et les emprisonnements de supposés corrompus et détourneurs prennent, non pas des allures de redressement des mœurs propres à une justice normale, mais des allures de règlements de comptes arbitraires entre complices « mangeurs » s’accusant de vouloir manger plus que les autres « mangeurs » affalés au comptoir de la mangeoire bongoïste.
Avez-vous aimé cet article ? Des questions ?
Plutôt mobile ? Ou Alexa ? Téléchargez votre App Je commande
Alexa, mets RadioTamTam
Emmène RadioTamTam partout avec toi avec l’application mobile.
Téléchargez maintenant votre l’App Store, Google Play ou Alexa d'Amazon et vous aurez toutes l’actualités avec vous.
Aidez-nous, vous pouvez nous aider financièrement.
Nos nouvelles Partenaires