Par Félicité Amaneyâ Râ VINCENT
Journaliste indépendante, éditorialiste – Ingénierie sociale
FONDATRICE DE RADIOTAMTAM AFRICA
1. La dissuasion : un fait stratégique, pas une opinion morale
La dissuasion nucléaire ne relève ni du fantasme ni de la provocation. Elle repose sur un principe froid, rationnel et universel : la capacité à rendre le coût d’une agression inacceptable pour l’adversaire.
Dans l’architecture sécuritaire mondiale, ce principe demeure l’ultime garantie de survie des États stratégiquement exposés.
Le débat africain a longtemps été verrouillé par une approche morale importée, alors même que les puissances qui la prônent continuent d’organiser leur sécurité autour de la dissuasion.
2. L’Afrique : puissance minérale, faiblesse sécuritaire
Le continent africain concentre une part décisive des ressources critiques mondiales :
Ces ressources alimentent les économies, les industries militaires et les systèmes énergétiques des grandes puissances.
Pourtant, l’Afrique reste structurellement dépendante sur le plan militaire, incapable de garantir seule l’intégrité de ses dirigeants, de ses territoires et de ses chaînes d’approvisionnement stratégiques.
Ce déséquilibre crée une vulnérabilité systémique : un continent indispensable mais politiquement exposé.
3. Le droit international : un cadre fragilisé
L’ordre juridique international repose théoriquement sur la souveraineté des États et la non-agression. En pratique, il est de plus en plus conditionné par les rapports de force.
Le Traité sur la non-prolifération nucléaire (Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires) a institutionnalisé une asymétrie durable :
L’Agence internationale de l'énergie atomique encadre, contrôle et limite, mais ne protège pas.
Or, le droit sans capacité de dissuasion ne garantit pas la sécurité.
4. Pourquoi le débat africain change
Plusieurs facteurs expliquent la levée progressive du tabou :
1. La répétition des ingérences extérieures, sans mécanisme réel de protection des États africains.
2. La démonstration que la dissuasion protège, même lorsque le droit échoue.
3. Le basculement vers un monde multipolaire, où les règles communes s’effacent au profit de zones d’influence.
4. La conscience croissante que la dépendance sécuritaire est une faiblesse stratégique majeure.
Le nucléaire, dans ce contexte, n’est pas un objectif immédiat.
Il devient un outil de réflexion stratégique, un indicateur de maturité géopolitique.
5. Dissuasion africaine : de quoi parle-t-on réellement ?
Il serait intellectuellement malhonnête de réduire ce débat à la possession brute de l’arme nucléaire.
La dissuasion africaine peut être pensée de manière graduée :
La question centrale n’est pas : « L’Afrique doit-elle avoir l’arme nucléaire ? »
Mais plutôt : « L’Afrique peut-elle rester durablement sans dissuasion crédible dans un monde qui se réarme ? »
6. Le véritable enjeu : la souveraineté décisionnelle
Un continent sans capacité de dissuasion reste exposé à :
La sécurité ne se délègue pas.
Elle se construit.
Le nucléaire n’est ni une obsession, ni une fatalité.
Il est le symptôme d’un monde où la force a repris le pas sur la norme, et où l’Afrique ne peut plus se contenter d’un rôle passif.
Conclusion
Le débat sur la dissuasion nucléaire en Afrique n’est plus tabou parce que le monde n’est plus stable.
Refuser d’en parler, c’est accepter une vulnérabilité structurelle durable.
La véritable irresponsabilité ne serait pas d’ouvrir ce débat,
mais de continuer à faire semblant qu’il n’existe pas.
Cliquez ici pour soutenir notre travail. Votre don de 2€ mensuel est notre force
⤠Répondez à ce message et discutons-en.
Contacter RADIOTAMTAM AFRICARADIOTAMTAM AFRICA vous partage une offre exceptionnelle proposée par notre partenaire RadioKing :
C’est le moment idéal pour lancer votre propre radio en ligne, moderniser votre site web radio, ou renforcer votre diffusion audio et podcast à moindre coût.
PROFITEZ DE L’OFFRE MAINTENANT