Gabon : Le général Oligui Nguema briguera-t-il la magistrature suprême lors de la présidentielle du 12 avril 2025 ?

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 À propos de Félicité Amaneyâ Râ VINCENT
Rédactrice en chef à RADIOTAMTAM AFRICA, Félicité s’engage à façonner la radio de demain pour une Afrique prospère, inspirante, et prête à illuminer le monde.

Le Gabon s’apprête à tourner une page décisive de son histoire politique. Ce mercredi 22 janvier, la date tant attendue de la présidentielle a été fixée au 12 avril 2025. Ce scrutin marquera la fin de la transition militaire amorcée après le coup d’État du 30 août 2023, qui avait renversé Ali Bongo.

Mais une question essentielle reste en suspens : le général Brice Clotaire Oligui Nguema, auteur de ce putsch et actuel leader de la transition, sera-t-il candidat ? L’opinion publique et les acteurs politiques sont divisés sur le sujet.

Un appel de l’opposition à bannir les candidatures militaires

Le 8 janvier, quatre figures de l’opposition – le professeur Albert Ondo Ossa, Pierre-Claver Maganga Moussavou, Alain-Claude Bilie-By-Nze, et Ali Akbar Onanga Y’Obegue – ont exigé que les militaires du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) soient formellement exclus des prochaines élections. Cet appel repose sur la promesse initiale faite par Oligui Nguema de rendre le pouvoir aux civils à l’issue de la transition.

Cependant, le nouveau code électoral, adopté sous cette transition, permet désormais aux militaires de se porter candidats à des fonctions électives, au même titre que les autres citoyens. Ainsi, rien n’interdit formellement au général de briguer la magistrature suprême.

Une candidature qui suscite des interrogations

Selon certains analystes, il est très probable que le général Oligui Nguema se présente. Mais au-delà de sa candidature, la véritable interrogation porte sur sa capacité à moderniser le Gabon, à mieux gérer les ressources naturelles et à promouvoir une gouvernance transparente.

Depuis son arrivée au pouvoir, l’enthousiasme initial envers le « coup de libération » s’est atténué. Certains Gabonais restent critiques vis-à-vis des nouvelles autorités, mais d’autres continuent de voir en Oligui Nguema un espoir pour stabiliser et transformer le pays.

Une opposition affaiblie et des candidatures limitées

Les nouvelles conditions d’éligibilité imposées par les autorités sont particulièrement strictes : âge, nationalité exclusive, et situation matrimoniale jouent désormais un rôle dans la sélection des candidats. Cette stratégie semble avoir affaibli les principaux leaders de l’opposition, ouvrant la voie à une potentielle élection peu compétitive.

Pour beaucoup, cette présidentielle pourrait devenir un « match amical » entre le général Oligui Nguema et des opposants de circonstance, sans réelle envergure. Certains opposants pourraient même décider de boycotter le scrutin, une pratique déjà observée par le passé.

Un test pour la transparence démocratique

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La présidentielle du 12 avril 2025 sera un test majeur pour la démocratie gabonaise.

Les militaires ont justifié leur prise de pouvoir en 2023 par la volonté de restaurer la dignité des institutions républicaines. Ce scrutin devra donc répondre à des exigences élevées en matière de transparence et d’organisation.

Cependant, le fait que le ministère gabonais de l’Intérieur reste l’organisme central de gestion des élections suscite des interrogations. Certains doutent de sa capacité à organiser un scrutin véritablement démocratique. Pour beaucoup, il faudra attendre les premières étapes pratiques de l’organisation pour juger de la crédibilité du processus.

Une élection à enjeux multiples

Cette élection ne sera pas seulement un choix entre des candidats, mais aussi une occasion pour le Gabon de prouver qu’il peut rétablir un régime civil démocratique et transparent. Le scrutin du 12 avril marquera-t-il le début d’un véritable renouveau politique ou renforcera-t-il l’hégémonie des nouvelles autorités ? L’avenir du pays se joue peut-être dans ces quelques mois.