Le Tchad veut s’industrialiser et devenir une puissance d’exportation de viande bovine
Dans l'abattoir le plus récent et le plus moderne du Tchad, la précision est primordiale car des couteaux tranchants comme des rasoirs transforment habilement les carcasses de bovins et de moutons en coupes de première qualité, du surlonge au faux-filet, en passant par la poitrine, le filet, les jarrets et les côtes. Rien ne se perd : les os succombent aux griffes métalliques acérées des machines et sont transformés en poussière, produisant de la nourriture pour les animaux, la graisse est raffinée en suif pour la production de savon et même les peaux sont conservées pour la consommation. L'installation traite environ 200 bovins et 400 moutons chaque jour. Des dizaines de bouchers tchadiens vêtus de robes blanches immaculées, de bottes en caoutchouc, de lunettes et de casquettes de protection travaillent sur le site depuis son ouverture en février. L'abattoir est situé à Moundou, la deuxième plus grande ville du Tchad et son pôle industriel, à environ 400 km au sud de la capitale, N'Djamena. L'investissement de 32 millions de dollars du gouvernement constitue le dernier ajout à l'arsenal croissant d'infrastructures de transformation de la viande du pays, visant à développer ses capacités d'exportation de viande. Le Tchad prévoit d'exporter cette viande à l'échelle industrielle vers de multiples destinations au Moyen-Orient et en Afrique, par voie terrestre et aérienne.
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