AFRIQUE 2050 : ENQUÊTES Tâches ménagères, la nouvelle trouvaille des étudiantes pour arrondir les fins du mois Actualité Afrique 2050 18 septembre 2020
18 septembre 2020 - 15:39 - 2946vues
Par RadioTamTam
Les astuces pour arrondir les fins du mois quand on est étudiant ne manquent pas. Depuis peu, des étudiantes, ont trouvé une autre façon de gagner de l’argent afin de se prendre en main : exécuter des tâches de travaux ménagers tous les week-ends et aux heures creuses.
Yasmine, la vingtaine est étudiante en 2ème année en Science de l’éducation à l’Université d’Abomey-Calavi. Depuis l’obtention du baccalauréat, elle n’a que sa mère, femme de ménage au village pour la soutenir dans ses études. Consciente de ce qu’elle ne peut plus toujours tendre la main, elle a décidé d’offrir des services de femme de ménage à quelques fonctionnaires qui sont dans le besoin.
Vaisselle, lessive, coup de balaie et nettoyage de vitres sont entre autres les tâches que Yasmine exécute les week-ends et tous les mercredis soirs en fonctions des besoins. Elle démarre généralement sa journée le Samedi de 7h00 à 18h00.
Rencontrée à Calavi, elle partage avec nous comment se déroulent ses journées de travail. «Je travaille dans deux maisons tous les samedis et un dimanche sur deux. Au début, j’étais payé en fonction des tâches mais depuis peu je fais un service complet et je prends 7 000 FCFA par maison. Ce service complet comprend la vaisselle, la lessive, serpillère, les vitres, meubles, salle de bain et les condiments à apprêter pour la cuisine», confie Yasmine, qui s’en sort avec 15 000 FCA par weekend tous les 15 jours.
Mauricette pour sa part garde les enfants après la lessive pour permettre aux parents de vaquer à des urgences les week-ends. Elle gagne 5 000 FCFA par maison. «Je fais le tour de trois à quatre maisons par quinzaine. Ce qui me permet de payer mon loyer à 10.000 FCFA, d’envoyer 5 000 FCFA à ma maman au village et d’utiliser le reste pour mes petits besoins», confie-t-elle.
Jacqueline en ce qui la concerne est payé à 20 000 FCFA le mois parce qu’elle n’aide qu’un seul ménage qui a voulu la fidéliser pour des raisons de sécurité et de confiance. Il arrive que Jacqueline aille chercher les enfants à l’école quand les parents ont des empêchements.
«J’ai préféré ce système parce que le salaire n’est pas aléatoire. Comme un fonctionnaire, tous les 30 de chaque mois, je prends ce qu’on me doit et quand il y a des services extras, j’ai encore quelques bonus», explique-t-elle.
Comme ces jeunes filles, nombreuses sont les étudiantes qui ont compris qu’il est préférable de faire de petits jobs pour joindre les deux bouts et trouver de quoi acheter des livres importants et faire les photocopies idoines pour réussir. Nul n’ignore les conditions dans lesquelles certaines jeunes filles étudient après l’obtention du précieux sésame qui ouvre les portes de l’Université.
«Contraint de quitter les parents, et venus des villages parfois lointains de la ville de Cotonou, elles sont parfois livrées à elles-mêmes. Au-delà, les parents souvent fatigués, à la retraite, ou ayant pris de l’âge n’ont plus la vigueur nécessaire pour s’occuper d’elles», soutient Dame Léa, tutrice d’une étudiante rencontrée à Calavi Godomey. Ce qui complique la situation de ces étudiantes qui ont pourtant besoin d’accompagnement pour subvenir à leurs besoins.
Pour les familles qui sollicitent les étudiantes pour les aider dans les tâches ménagères, c’est une façon de ne pas recourir à des agences de placements d’enfants communément appelé ‘’Vidomègon’’ et une manière de contribuer à l’autonomisation économique des étudiantes qui se retrouvent très fragiles, comme des proies faciles lorsqu’elles sont sans moyens.
«En aidant Jacqueline, notre foyer, certes débourse entre 20 000 et 30 000 FCFA par mois mais on est satisfait de contribuer à son indépendance financière vis-à-vis d’aides extérieures souvent conditionnées par des pratiques peu recommandables», témoigne la patronne de la maison où travaille l’étudiante Jacqueline.
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