Arat Kilo ouvre son groove éthiopien à toutes les influences

13 juin 2018 - 115 vues

La musique éthiopienne aura « halluciné du mon­de », écrivait le journaliste et DJ Rémy Kolpa Kopoul pour présenter A Night in Abyssinia (2011), premier album d’Arat Kilo. Le « connexionneur », mort en 2015, est salué dans les notes de pochette de Visions of Selam, bouillonnant troisième opus que le sextette parisien joue dans une tournée passant par le festival Rio Loco !, à Toulouse, puis Solidays.

 

Avec leurs collègues d’Akalé Wubé, également basés dans la ­capitale, et quelques groupes de France ou d’ailleurs, Arat Kilo appartient en effet à cette tribu qui a plongé avec gourmandise dans « Ethiopiques », collection discographique créée en 1997 par Francis Falceto. Celle-ci rassemble la quasi-totalité du patrimoine de la musique éthiopienne, dont l’âge d’or avait été enregistré entre 1969 et 1975 par la compagnie locale Amha ­Records. Elle a été un déclic pour Fabien Girard (guitare électrique) et Samuel Hirsch (basse) : « C’était quelque chose de complètement inouï que nous découvrions. Nous n’avions jamais entendu cette espèce de mélange entre l’Orient et l’Afrique, avec également des influences de la musique américaine, quelque chose d’extrêmement spécial qui attire l’oreille. »

Jubilatoires joutes oratoires

« L’intérêt pour l’Ethiopie vient également du fait que mon père, prof enseignant l’histoire de l’Ethiopie, y a vécu assez longtemps et que j’ai fait des allers-retours pour le voir », ajoute Samuel Hirsch. Au fil des années, le parti pris d’Arat Kilo a été, tout en gardant « le socle éthiopien » pour les gammes et les tournures mélodiques, d’ouvrir rythmiquement sa musique au dub, au hip-hop et au reste de l’Afrique, « le Congo et la musique mandingue, par exemple ».

Sur Visions of Selam interviennent deux invités qui occupent une place centrale : la solaire chanteuse malienne Mamani Keïta et le fiévreux slameur américain Mike Ladd, déjà présents...

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