Cameroun : après le meeting de Maurice Kamto à Paris, les attaques du régime Biya révèlent un climat préélectoral tendu Actualité Afrique 2050 03 juin 2025
03 juin 2025 - 12:13 - 1192vues
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À propos de Félicité Amaneyâ Râ VINCENT - Rédactrice en chef à RADIOTAMTAM AFRICA , Félicité s'engage à façonner la radio de demain pour une Afrique prospère, inspirante , et prête à illuminer le monde. Restons en contact
Le meeting organisé par l’opposant Maurice Kamto le 31 mai 2025 à Paris, sur la place de la République, continue de faire des vagues jusqu’à Yaoundé. L’événement, qui a rassemblé plusieurs milliers de sympathisants, a été vigoureusement critiqué par les représentants du régime Biya, révélant les tensions croissantes à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre.
Parmi les voix les plus virulentes, Grégoire Owona, ministre du Travail et cadre du RDPC (parti au pouvoir), a qualifié le rassemblement de « minable », ironisant sur une mobilisation qu’il estime en deçà des attentes. « Même pas 5 000 personnes », a-t-il écrit sur ses réseaux sociaux, moquant également la promesse de Kamto de garantir la sécurité de Paul Biya en cas d’alternance. Une déclaration jugée « puérile et ridicule » par Jean de Dieu Momo, autre figure du gouvernement.
Une opposition contrainte de s’exprimer à l’étranger
Face aux restrictions sévères sur le sol camerounais, entre interdictions de rassemblements, verrouillage des médias et présence sécuritaire pesante, l’opposition peine à s’exprimer librement dans le pays. Le meeting de Paris s’inscrit dans une stratégie plus large de Maurice Kamto, qui cherche à renforcer sa visibilité à l’international, notamment auprès de la diaspora.
Cette démarche, bien que saluée par de nombreux soutiens sur les réseaux sociaux comme une alternative légitime, est perçue par le pouvoir comme une tentative de légitimation extérieure, à laquelle il oppose une contre-narration moqueuse et disqualifiante.
Une campagne à haut risque ?
La virulence des critiques gouvernementales et la polarisation croissante des discours laissent présager une campagne tendue et verrouillée, à l’image des précédentes. Pour de nombreux observateurs, le pluralisme politique camerounais demeure limité, et les figures de l’opposition doivent souvent se battre pour exister dans un espace public étroitement contrôlé.
Ce débat autour d’un meeting tenu à Paris n’est pas anodin : il reflète les fractures profondes de la scène politique camerounaise et la difficulté, pour les acteurs du changement, de porter leur voix dans un système résistant à toute alternance.
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