Donald Trump et la remise en cause assumée du droit international Edito 10 janvier 2026
10 janvier 2026 - 19:06 - 230vues
Éditorial
Donald Trump et la remise en cause assumée du droit international
Par Félicité Amaneyâ Râ VINCENT
Journaliste indépendante & Éditorialiste
Depuis plusieurs jours, une déclaration de Donald Trump suscite une onde de choc dans les cercles diplomatiques, politiques et médiatiques internationaux.
Interrogé sur les limites à ses actions à l’étranger, le président américain a affirmé sans détour que seule sa propre moralité constituait un frein à ses décisions, rejetant explicitement le droit international comme cadre contraignant.
"Cette prise de position marque bien plus qu’une provocation verbale. Elle révèle une rupture doctrinale assumée."
C'est une remise en cause frontale de l’ordre international hérité de l’après-Seconde Guerre mondiale, fondé sur la souveraineté des États, le multilatéralisme et le respect du droit international comme socle de la stabilité mondiale.
La fin du "vernis juridique"
Jusqu’ici, même les puissances les plus interventionnistes prenaient soin d’inscrire leurs actions dans un vernis juridique ou moral, fût-il contestable. Désormais, ce masque semble tomber. Le message est clair : la puissance prime sur la règle, la force sur le droit, la volonté nationale sur les normes communes.
Cette doctrine, qui s’apparente à un retour brutal au réalisme le plus dur, redessine les équilibres géopolitiques. Elle légitime l’unilatéralisme, fragilise les institutions internationales et envoie un signal inquiétant aux États les plus vulnérables, notamment en Afrique, en Amérique latine et dans le monde arabe.
Si le droit international cesse d’être une référence pour la première puissance mondiale, que reste-t-il comme protection pour les nations moins armées politiquement, économiquement ou militairement ?
Une lucidité nécessaire pour le Sud Global
Les réactions internes aux États-Unis, y compris au sein du camp républicain, montrent que cette orientation ne fait pas consensus. La tentative du Congrès de limiter les pouvoirs militaires présidentiels illustre une fracture réelle entre une vision constitutionnelle de l’équilibre des pouvoirs et une pratique du pouvoir exécutif de plus en plus centralisée et personnalisée.
Pour les peuples du Sud global, cette séquence doit être lue avec lucidité. Elle confirme une réalité souvent dénoncée mais rarement formulée aussi crûment : le droit international n’est respecté que lorsqu’il sert les intérêts des puissants. Lorsqu’il devient contraignant, il est contourné, relativisé ou purement rejeté.
À RADIOTAMTAM AFRICA, cette situation nous impose une responsabilité éditoriale majeure :
Analyser sans naïveté, décrypter les doctrines à l’œuvre, et rappeler que derrière les discours de puissance se jouent des rapports de domination très concrets.
Comprendre cette rupture, c’est se donner les moyens d’anticiper ses conséquences et de penser, enfin, des stratégies de souveraineté politique, économique et informationnelle adaptées aux réalités du XXIᵉ siècle.
Car ce qui se dessine aujourd’hui n’est pas un simple épisode politique américain. C’est un changement de paradigme mondial. Et l’Afrique, comme toujours, ne peut se permettre de le regarder passer sans en tirer les leçons.
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