FRANCE-AFRIQUE : Pardonne-nous nos offenses - remets nos dettes Actualité Afrique 2050 16 avril 2020
16 avril 2020 - 15:29 - 3269vues
Par Félicité VINCENT
« Nous devons savoir aider nos voisins d’Afrique en annulant massivement leur dette ». Voilà le vœu qu’a formulé le président Macron lors de sa dernière allocution lundi soir. Le pape François, le FMI, la Banque Mondiale ainsi que plusieurs chefs d’Etat du continent noir en avaient déjà fait la demande. Car il y a urgence. La dette publique africaine a doublé en 10 ans, atteignant 365 milliards de dollars, soit 56% du PIB du continent.
La France n’a finalement obtenu qu’un moratoire du service de la dette auprès de ses partenaires du Club de Paris et du G20, à savoir une suspension du remboursement des intérêts de la dette en 2020 pour 76 pays dont 40 pays situés en Afrique sub-saharienne. Le total représentant 20 milliards de dollars. Les annulations pures et simples n’interviendraient qu’au cas par cas et dans un cadre multilatéral.
Une décision qui permettra officiellement aux Etats africains de consacrer leurs ressources budgétaires à soutenir leur économie face à la crise sanitaire et à la récession qui arrive, pour la première fois depuis 25 ans. Car après avoir connu une croissance de 2,4% en 2019, celle-ci devrait atteindre entre -2,1% et -5,1% cette année.
Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a par ailleurs ajouté que ce moratoire permettrait d’empêcher toute catastrophe humanitaire et ainsi de protéger l’Europe d’une crise migratoire à venir. Mais rien ne prouve que l’aide apportée ira aux plus défavorisés, susceptibles de fuir leur pays. D’autant que, l’expérience montre que les fonds ont toujours tendance à fondre à mesure qu’ils se rapprochent de l’objectif officiellement poursuivi. Les intermédiaires, quels qu’ils soient, s’étant servi au passage.
Et la philanthropie d’Emmanuel Macron n’est pas non plus dénuée d’intérêts. L’ancien employé de la banque Rothschild sait comme il est important de maintenir à flot tous ces Etats débiteurs. Une fois sortis de la crise et que tout sera rentré dans l’ordre, ils pourront continuer à s’endetter auprès des prêteurs internationaux et continuer à remercier leur bienfaiteur français en lui consentant toujours des prix préférentiels sur leurs matières premières.
En attendant, il est dommage que la bienveillance du Président de la République ne se soit pas orientée sur le contribuable français sachant que la dette publique française s’apprête, avec le nouveau projet de loi de finances rectificative, à dépasser les 115% du PIB. Emmanuel Macron préfère s’inquiéter prioritairement de la croissance africaine au détriment de celle de la France. Une politique bien éloignée du concept selon lequel charité bien ordonnée commence par soi-même.
Pour sortir de la Grande Dépression, il a fallu le New Deal de Roosevelt. Et ça a marché !
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