GABON Affaire des îles Mbanié : entre indignation et responsabilité historique Actualité Afrique 2050 28 mai 2025
28 mai 2025 - 21:51 - 1786vues
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✍Par Félicité Amaneyâ Râ VINCENT, Revue d’actualité géopolitique
Le 23 mai 2025, la Cour internationale de Justice (CIJ) a rendu son arrêt dans l’affaire opposant le Gabon à la Guinée équatoriale concernant la souveraineté des îles Mbanié, Cocotiers et Conga. Dans une décision qui a profondément ébranlé l’opinion gabonaise, la CIJ a reconnu la souveraineté équato-guinéenne sur ces îlots stratégiques situés au large des côtes du Golfe de Guinée.
❗ Une défaite aux allures d’humiliation
Comment expliquer un tel revers pour le Gabon ? L’incompréhension est d’autant plus grande que le pays a accédé à l’indépendance en 1960, soit huit années avant la Guinée équatoriale (1968). Une question dérange alors : comment un État plus jeune a-t-il pu produire des documents juridiques plus convaincants aux yeux de la CIJ que le Gabon, supposé plus expérimenter ?
Ce verdict semble pointer du doigt une forme d’amateurisme juridique ou, du moins, un manque de rigueur dans la gestion de nos archives territoriales. Certains juristes gabonais évoquent déjà des lacunes dans la constitution du dossier présenté, une sous-estimation des arguments adverses ou encore une mauvaise lecture du droit international coutumier.
Oligui Nguema opte pour la diplomatie
Dans une déclaration solennelle, le Président de la République, S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema, a pris acte de cette décision avec retenue et dignité. Affichant un ton résolument tourné vers l’avenir, il a déclaré vouloir engager des discussions constructives avec la République sœur de Guinée équatoriale, dans un esprit de bon voisinage et de stabilité régionale.
Il faut rappeler que, si la CIJ a tranché en faveur de la Guinée équatoriale quant à la souveraineté terrestre, la délimitation des eaux maritimes entre les deux pays reste, elle, encore à négocier. Le Chef de l’État place donc la voix diplomatique au cœur du règlement pacifique de cette affaire, tout en réaffirmant son attachement à la paix et au dialogue en Afrique centrale.
Une leçon géopolitique pour le Gabon
Cette décision de justice doit aujourd’hui être analysée comme une leçon géopolitique pour le Gabon. Elle invite à une profonde introspection nationale sur la gestion stratégique des frontières, la conservation des preuves historiques, mais aussi sur l’implication des élites dans les enjeux de souveraineté. Le pays ne peut plus se permettre d’improviser dans les arènes internationales, au risque de céder, morceau par morceau, son héritage territorial.
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