Gabon – Ali Bongo dépose plainte à Paris contre les autorités de transition : séquestration, détention arbitraire et torture dénoncées Actualité Afrique 2050 02 juillet 2025
02 juillet 2025 - 12:03 - 1608vues
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L’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba a porté plainte en mai 2024 auprès de la justice française contre les autorités actuelles du Gabon. Entendu récemment par deux juges d’instruction spécialisés en crimes contre l’humanité au tribunal judiciaire de Paris, il accuse le régime de transition de l’avoir soumis, lui et sa famille, à des traitements inhumains après le coup d’État du 30 août 2023.
Aux côtés de son épouse Sylvia et de leur fils Noureddin, Ali Bongo dénonce notamment des faits de séquestration, de détention arbitraire et d’actes de torture. Dans sa déclaration, l’ex-président affirme avoir été confiné pendant plus de 21 mois dans sa résidence de La Sablière, sans liberté de circulation ni décision judiciaire formelle. Une détention de fait, selon ses avocats.
Quant à Sylvia et Noureddin Bongo, ils auraient été détenus dans des conditions qualifiées de coercitives jusqu’à leur transfert vers l’Angola, puis à Londres en mai 2024. Leur avocate, Me Clara Gérard-Rodriguez, accuse les autorités gabonaises de pressions psychologiques et physiques visant à leur faire signer des documents autorisant la saisie de plusieurs biens immobiliers.
Le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), dirigé par le général Brice Clotaire Oligui Nguema, avait justifié la chute d’Ali Bongo par une gouvernance autoritaire et des soupçons de corruption. Depuis, plusieurs anciens hauts responsables du régime déchu, dont Noureddin Bongo, ont été arrêtés ou incarcérés.
Cette plainte déposée à Paris intervient dans un contexte diplomatique sensible. Elle ravive les tensions entre le nouveau pouvoir gabonais et les alliés traditionnels d’Ali Bongo. Pour les plaignants, il s'agit de faire reconnaître de graves violations des droits humains. Pour Libreville, il ne s'agit que d'une stratégie d’évitement judiciaire.
Au-delà du cas Bongo, cette affaire soulève de nombreuses interrogations : la transition gabonaise peut-elle échapper à l’image d’un pouvoir militaire arbitraire ? La justice française reconnaîtra-t-elle la compétence pour instruire une plainte visant un régime en exercice dans un pays tiers ? Et surtout, s'agit-il d'une quête de justice ou d'une revanche politique ?
Le dossier est désormais entre les mains des juges. Reste à savoir s’il marquera une étape vers la vérité, ou un nouveau point de crispation dans un Gabon encore en mutation.



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