GABON : BGFI, Delta Synergie : Fin de règne pour Henri-Claude Oyima ou fin d’un système ? Actualité Afrique 2050 26 mai 2025
26 mai 2025 - 13:59 - 2582vues
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À propos de Félicité Amaneyâ Râ VINCENT - Rédactrice en chef à RADIOTAMTAM AFRICA , Félicité s'engage à façonner la radio de demain pour une Afrique prospère, inspirante , et prête à illuminer le monde. Restons en contact
Le 23 mai, Le Confidentiel d’Échos du Nord ne mâchait pas ses mots :
« Le patriarche de la finance gabonaise est rattrapé par la nouvelle morale de la Transition. »
Une phrase lourde de sens pour désigner la mise à l’écart progressive d’Henri-Claude Oyima, longtemps considéré comme l’un des hommes les plus influents du Gabon. Plus qu’un banquier, Oyima fut l’architecte silencieux d’un empire économique tentaculaire, à cheval entre la haute finance, la politique et les intérêts stratégiques du clan Bongo.
Un pouvoir discret, mais central
À la tête du groupe BGFI pendant des décennies, Henri-Claude Oyima incarnait un équilibre délicat entre le secteur privé et l’appareil d’État.
Dans ce système, rien ne se décidait sans aval politique, mais les politiques eux-mêmes avaient besoin d’un visage rassurant pour les partenaires économiques internationaux. Ce visage, c’était le sien.
En parallèle, il présidait la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), négociait avec les bailleurs internationaux, et pilotait les grands équilibres économiques du pays.
Le socle craque
Mais à mesure que la Transition se durcit, les fondations du système vacillent.
Delta Synergie, société-pivot de la galaxie Bongo, se retrouve dans le viseur de la Task Force.
Si Oyima n’est pas directement mis en cause, il est désigné comme le verrou technique d’un appareil de contrôle économique, selon Le Confidentiel.
En décembre 2024, l’État exige la rétrocession de parts stratégiques détenues dans EQUARIUS et CAPELLA, sociétés écrans liées au clan Bongo.
⏳ Ultimatum : huit jours.
Henri-Claude Oyima répond par une lettre au ton froid, juridique, presque clinique. Il invoque l’OHADA, la COBAC, les statuts… sans céder au discours politique
Une sortie feutrée
Ce n’est pas une chute.
Ce n’est pas un scandale.
C’est un effacement maîtrisé, un retrait stratégique.
L’homme ne tombe pas pour faute, mais parce qu’il représente un ordre économique désormais rejeté par la nouvelle gouvernance.
Dans cette recomposition du pouvoir gabonais, l’État cherche à reprendre la main sur ce qui fut accaparé. Henri-Claude Oyima, jadis roi sans couronne, devient une pièce déplacée dans une partie d’échecs où les règles ont changé.
La fin d’un cycle
La mise à l’écart d’Oyima n’est pas seulement personnelle.
Elle symbolise la fin d’un modèle, celui d’une élite économique tissée autour du pouvoir, sommee de se réinventer ou de s’effacer.
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