Gabon – L’ONG Sherpa relance la bataille judiciaire sur les biens mal acquis Actualité Afrique 2050 04 juin 2025
04 juin 2025 - 14:45 - 1672vues
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À propos de Félicité Amaneyâ Râ VINCENT - Rédactrice en chef à RADIOTAMTAM AFRICA , Félicité s'engage à façonner la radio de demain pour une Afrique prospère, inspirante , et prête à illuminer le monde. Restons en contact
Quinze ans après le déclenchement de l’affaire des « biens mal acquis » visant la famille Bongo, un nouveau tournant s’opère. L’ONG française Sherpa a annoncé sa constitution en partie civile, afin de participer activement à la phase judiciaire à venir. Une décision stratégique pour peser sur ce dossier emblématique de la lutte contre la corruption, dont le procès ne devrait pas s’ouvrir avant 2026.
Un patrimoine suspect de 85 millions d’euros
L’affaire cible plusieurs membres du clan de l’ancien président Omar Bongo, décédé en 2009. Ils sont accusés d’avoir constitué un vaste patrimoine immobilier en France à travers des fonds publics détournés du Gabon. L’instruction évoque des montages financiers opaques, qui auraient permis le blanchiment de 85 millions d’euros, soit environ 56 milliards de francs CFA.
La BNP Paribas dans le viseur
Au-delà de la famille Bongo, Sherpa met en lumière le rôle des intermédiaires financiers, et notamment celui de BNP Paribas. L’ONG pointe un manquement grave à l’obligation de vigilance, reprochant à la banque d’avoir fermé les yeux sur les flux suspects liés à une société écran, « Atelier 74 », utilisée pour faire transiter des fonds illicites.
Pour Jean-Philippe Foegle, responsable contentieux de Sherpa, ces flux auraient dû être bloqués dès les premiers signaux d’alerte.
Vers un changement de cadre législatif ?
Sherpa espère que cette affaire contribuera à renforcer les lois françaises et européennes contre le blanchiment d’argent. Une nouvelle directive européenne récemment adoptée prévoit justement des obligations plus strictes pour les établissements financiers, afin de mieux détecter et stopper les flux financiers illicites.
⚖️ Au-delà du procès : interpeller les institutions
Pour Sherpa, se constituer partie civile ne vise pas uniquement à sanctionner les individus impliqués, mais aussi à ouvrir un débat sur les responsabilités institutionnelles. Face à une corruption de plus en plus sophistiquée – alimentée par les cryptomonnaies et des réseaux discrets d’intermédiaires – les mécanismes de régulation doivent évoluer, insiste l’ONG.
Une affaire qui dépasse le cadre gabonais et remet en question la passivité des grandes institutions face à l’argent sale.
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