Gabon: Le général Brice Clotaire Oligui Nguema propose des réformes face au patronat gabonais Actualité Afrique 2050 02 septembre 2023
02 septembre 2023 - 22:16 - 2603vues
Par Félicité VINCENT
Le général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu jeudi 31 août une dizaine de responsables religieux pour évoquer la situation au Gabon. Le même jour, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema a aussi rencontré le patronat gabonais avec lequel il a évoqué des réformes à effectuer dans le pays.
La rencontre a duré une bonne quarantaine de minutes. Parmi les membres de l'assistance, plusieurs centaines de personnes, principalement des chefs d'entreprise gabonais et des militaires.
Le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema a donc reçu la Fédération des entreprises (FGE) et son président Henri-Claude Oyima, jeudi au palais présidentiel. Le patronat a fait des propositions de réformes, treize doléances en tout. Il en a retenu quatre : « Le règlement de la dette intérieure par la mise en place du Club de Libreville, même si par le passé à la Direction générale des services spéciaux (DGSS), nous avons enquêté sur le Club de Libreville et nous avons trouvé plusieurs irrégularités, je le sais parce que j'ai été enquêteur dessus ; la restauration de la journée comptable du Trésor pour mettre fin aux petites combines entre copains et coquins ; l'appel systématique au système bancaire lorsqu'il s'agira de financer nos projets ; la mise sous gestion du secteur privé des deux caisses que sont la CNAMGS et la CNSS, afin de mettre fin à la souffrance de nos compatriotes. Et il veux que cela soit effectif dès maintenant. »
Le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema parle du Club de Libreville. cet organisme avait été mis en place par le patronat comme groupe de pression pour payer la dette intérieure, c’est-à-dire l’argent que l’État doit aux entreprises. Ce sont des arriérés énormes. Il évoque aussi la CNAMGS, la caisse d’assurance maladie. De même que la CNSS, la Sécurité sociale qui sert à verser les pensions de retraite. Car ce sont les cotisations patronales et salariales qui font vivre ces deux caisses d'assurance. De plus depuis toujours, ce sont des organismes publics. L’État en nomme les dirigeants.
Des caisses de la CNSS et CNAMGS sont à assainir
« Les mesures ont été bien accueillies par l'assistance », selon un témoin direct, présent dans la salle. De même si tous savent qu'il faudra attendre pour juger les militaires à l'aune de leurs promesses.
Selon un bon connaisseur, «souvent, les nouveaux dirigeants viennent avec une série de proches qui s’enracinent». « Les caisses ont des effectifs pléthoriques, avec une gestion approximative », indique cette bonne source. Résultat : CNSS et CNAMGS sont, malgré les cotisations, elles enregistrent un important déficit. Avec une grosse conséquence terrible pour les retraités gabonais : beaucoup, en arrêtant le travail, ne parviennent pas à toucher leur pension. S’ajoutent à cela diverses crises économiques, qui ont entraîné des vagues de licenciements, notamment dans le secteur pétrolier. Les multinationales de groupes pétroliers sont d’importants contributeurs de ces caisses, mais à cause de la crise, leurs cotisations ont baissé.
Or depuis un an, le patronat gabonais a indiqué sa volonté de prendre le contrôle de la CNSS et la CNAMGS, car ce sont leurs cotisations qui font vivre ces deux caisses. Tous les chefs d’entreprise ne voulaient plus voir leurs salariés partir à la retraite sans pouvoir toucher de pension. Certains patrons doivent même financièrement épauler leurs anciens salariés. Il était question de la privatisation de ceux deux caisses à plusieurs fois durant les mandats d’Ali Bongo, mais la réforme n’avait jamais abouti.
Toutes ces mesures se font dans un contexte particulier pour la nouvelle administration. La junte souhaite faire avancer leur agenda et renforcer leur crédibilité en mettant à plat le système. Pour l'instant ce ne sont que des annonces que fait la junte. Il est prévu une réunion mensuelle entre le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema et les chefs d'entreprise pour voir leur avancement. Les militaires putschistes tentent d'asseoir leur légitimité. Tout ces chantiers montrent, que probablement, ils ne vont pas rendre le pouvoir, en tout cas pas tout de suite. De son côté, sollicité, le président de la FEG n'a pas pu être joint dans l'immédiat.
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