Gabon – PDG : Le parti de Bongo en pleine implosion Actualité Afrique 2050 21 juillet 2025
21 juillet 2025 - 12:33 - 1460vues
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À propos de Félicité Amaneyâ Râ VINCENT - Rédactrice en chef à RADIOTAMTAM AFRICA , Félicité s'engage à façonner la radio de demain pour une Afrique prospère, inspirante , et prête à illuminer le monde. Restons en contact
Le Parti Démocratique Gabonais (PDG) traverse une crise de légitimité sans précédent. Ce 21 juillet 2025, son siège à Libreville est devenu le théâtre d’un affrontement ouvert entre deux factions rivales : les fidèles d’Ali Bongo Ondimba, président déchu mais toujours influent depuis son exil à Londres, et la nouvelle direction installée après un congrès controversé en janvier dernier.
Deux camps, une même ambition : contrôler le PDG
D’un côté, les partisans d’Ali Bongo, emmenés par Arthur Benga Ndjémé – proche d’Ali Akbar Onanga Y’Obegue, secrétaire général désigné par l’ancien président – veulent réaffirmer leur emprise sur le parti. Ils avaient annoncé une réunion ce 21 juillet au siège du PDG à Libreville.
En face, la direction actuelle, issue du congrès de janvier 2025, est dirigée par Blaise Louembé et Angélique Ngoma. Bénéficiant d’un soutien tacite des autorités militaires, elle occupe déjà les lieux et affirme être la seule direction légitime. L’accès au bâtiment a été bloqué, et les partisans de Bongo ont annoncé leur intention de dresser un constat d’huissier en cas d’empêchement.
Un parti au cœur d’une recomposition politique
Depuis le coup d’État militaire du 30 août 2023, qui a mis fin au règne d’Ali Bongo, le PDG est en perte de repères. Créé par Omar Bongo en 1968, le parti a incarné l’État pendant plus de 50 ans. Le départ brutal de son chef historique a laissé un vide. Le congrès de janvier, qualifié d’illégal par les bongistes, a entériné une transition interne visant à aligner le PDG sur la nouvelle ère post-Bongo.
Le pouvoir militaire arbitre silencieux
Officiellement, le président de transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, se tient à l’écart. Mais les signaux sont sans ambiguïté : la police nationale protège la direction Louembé-Ngoma, et l’État semble favoriser une rupture assumée avec l’héritage Bongo. Cette manœuvre pourrait s’inscrire dans une volonté d’assainissement de l’espace politique avant les futures élections.
Un symbole de la guerre des légitimités
Au-delà de la querelle d’occupation des lieux, ce bras de fer illustre un affrontement plus profond : celui du passé contre l’avenir, du système Bongo contre la refondation prônée par les militaires. Pour Ali Bongo, le PDG reste un dernier bastion d’influence. Pour le régime en place, c’est un instrument à remodeler ou à neutraliser.
Vers une implosion ou une renaissance ?
Aujourd’hui, le PDG est un parti divisé, sans direction consensuelle, ni cap idéologique clair. Sans décision judiciaire ni arbitrage politique tranché, le risque d’enlisement est réel. L’avenir du PDG dépend désormais des choix stratégiques de la transition. Implosion ou mue contrôlée : le sort de l’ancien parti unique en dira long sur l’avenir institutionnel du Gabon.



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