GABON sur les traces des premiers habitants du Gabon préhistorique. Actualité Afrique 2050 25 avril 2025
25 avril 2025 - 13:08 - 1497vues
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À propos de Félicité Amaneyâ Râ VINCENT - Rédactrice en chef à RADIOTAMTAM AFRICA , Félicité s'engage à façonner la radio de demain pour une Afrique prospère, inspirante , et prête à illuminer le monde. Nous Contacter
Au cœur du Gabon, entre savane dorée et forêt dense, s'étend le parc national de Lopé-Okanda. Premier parc du pays, il est mondialement reconnu pour sa biodiversité exceptionnelle. Mais c’est son trésor archéologique qui l’a fait entrer en 2007 au patrimoine mondial de l’Unesco : un héritage humain vieux de plus de 400 000 ans.
Ce territoire millénaire fut autrefois une voie de passage importante pour les peuples de la préhistoire. En compagnie des agents de l’Agence nationale des parcs naturels, la visite débute sur un plateau balayé par le vent, où le conservateur adjoint Prosper-Prost Ntoutoume-Bah nous guide. Sous ses pieds, dispersés sur le sol, des pierres taillées témoignent d’un savoir-faire ancestral.
« Ce site date d’environ 9 000 à 3 000 ans avant notre ère », explique-t-il. « Ici, vous êtes dans un véritable atelier de taille. Les habitants venaient spécialement tailler leurs outils, qu’ils rapportaient ensuite au village, probablement situé dans le bosquet juste derrière. » Parmi les éclats de pierre, on retrouve des nucléus, des préformes, et même des pics destinés à la chasse. « Cet outil pointu, par exemple, servait à désarticuler les animaux abattus, en visant précisément les jointures fragiles. »
Plus loin, une fosse dépotoir récemment découverte offre de nouvelles pistes de recherche. Grâce à elle, les chercheurs espèrent mieux comprendre le régime alimentaire et les pratiques culinaires des chasseurs-cueilleurs de l’époque.
Au-dessus de l’Ogooué, un autre site saisissant : Kongo-Mboumba 7. Là, sur les rochers, des cercles gravés au burin témoignent d’un peuplement datant de l’âge du fer, il y a environ 2 000 ans. « Le côté gauche semble plus ancien. Le droit, ajouté par d’autres populations venues plus tard », raconte notre guide. Ces métallurgistes transformaient leur minerai sur place. Peut-être ces cercles représentaient-ils des étapes de migration, des messages laissés pour les suivants, ou même des marques de présence symboliques. Autant de mystères que les archéologues tentent encore de percer.
Le parc national de Lopé-Okanda abrite aujourd’hui plus de 150 sites archéologiques, véritables archives à ciel ouvert. « Ici, partout on marche sur l’histoire », souffle Ntoutoume-Bah. « Des pierres taillées, des fragments de poterie, des traces de vie humaine... Le sol du parc parle, il suffit d’apprendre à l’écouter. »

Mais ce patrimoine inestimable est fragile. L’érosion, l’activité humaine et le manque de moyens menacent ces vestiges du passé. Les équipes de conservation appellent à un renforcement des ressources, pour préserver, documenter et partager davantage les richesses du Gabon préhistorique.



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