Le point de vue décalé de la semaine Actualités 01 octobre 2019
01 octobre 2019 - 17:04 - 2513vues
Rouen : une ville oubliée sous le nuage
Le nuage noir était impressionnant obscurcissant le ciel en quelques minutes. La belle ville de Rouen plongea alors dans une nuit mazoutée sous une pluie de suie. Je m'attendais à une entraide nationale avec une couverture médiatique à la hauteur de l'événement pour que la solidarité s'épanouisse. Il n'en a rien été. Les Normands ont été abandonnés, livrés à eux-mêmes et à leur malheur.
La mort d'un ancien chef de l'Etat a relégué cette catastrophe en "pages intérieures" comme on le disait il y a encore 20 ans.
Que les médias traitent du décès de Jacques Chirac est tout à fait normal. Mais en faire autant et aussi longuement alors que l'agglomération rouennaise affrontait une catastrophe écologique de toute première importance m'a laissé dubitatif. Pourquoi cette chape de plomb alors que la moindre permanence d'un élu LREM taguée fait l'objet de débats sans fins sur les plateaux télé ? C'est pour le moins une étrange hiérarchisation de l'information.
De toute évidence la gestion administrative de la catastrophe laisse également à désirer. Alors même que l'air était irrespirable, la préfecture a tout tenté pour minimiser l'impact de l'incendie sur la santé des habitants. Pourquoi ? Un début de réponse nous vient du site Actu Environnement (1) : "Profitant d'assouplissements de la réglementation mis en oeuvre par le gouvernement, le préfet a autorisé en début d'année une augmentation de capacité des produits dangereux dans l'usine Lubrizol de Rouen."
Le préfet s'est appuyé sur le décret 2018-435 du 4 juin 2018 (2) et sur la loi ESSOC (3) pour augmenter la capacité de stockage de produits dangereux dans l'usine Lubrizol de Rouen. Le gouvernement a choisi de soustraire "les modifications de ces établissements à une évaluation environnementale systématique pour les soumettre à une procédure d'examen au cas par cas."
Ainsi, l'usine Lubrizol de Rouen a présenté, entre le 15 janvier et le 19 juin 2019, 2 demandes d'augmentation des quantités de substances dangereuses. Comme la loi ESSOC lui en donne le droit, le préfet a répondu positivement à l'exploitant de l'usine en considérant que l'évaluation environnementale n'était pas nécessaire. Le plus surprenant dans cette affaire réside dans le fait que l'exploitant, par ses demandes d'augmentation au préfet, n'a fait que régulariser une situation qui avait déjà été réalisée.
Ainsi, dans une usine classée Seveso, il est possible d'augmenter le tonnage de substances stockées sur le site sans autorisation, puis de faire avaliser cette modification a posteriori par un préfet pour le moins conciliant avec la réglementation qui interdit ce type de pratique. Les prochains jours vont sûrement nous apporter des informations qui risquent de ne pas faire plaisir à la population de Rouen et des environs. Sous le nuage noir, une colère gronde et l'explosion qui en découlera risque de faire un autre type de dégâts.
Source : Loi1901
Annoncer sur notre Radio
Plutôt mobile ? Ou Alexa ? Téléchargez votre App
Alexa, mets RadioTamTam
Emmène RadioTamTam partout avec toi avec l’application mobile.
Téléchargez maintenant votre l’App Store, Google Play ou Alexa d'Amazon et vous aurez toutes l’actualités avec vous.
Aidez-nous, vous pouvez nous aider financièrement.

.png)




Se connecter Inscription