Pour les associations d'aide aux SDF, la côte d'alerte est dépassée Actualités 01 octobre 2019
01 octobre 2019 - 15:55 - 2938vues
Elles sont toutes unanimes, les associations qui viennent en aide aux "sans domicile fixe". Le nombre de SDF dans les rues de nos villes a atteint des sommets jamais vus alors même que le système d'hébergement est totalement saturé. Le Samu Social réclame un plan Marshall tant la situation devient ingérable. Pour la seule Porte de la Chapelle à Paris, ce sont plus de 2 500 personnes qui vivent dans des conditions effroyables. Il n'y a à ce jour aucune situation équivalente dans une grande ville européenne.
En France, le droit au logement opposable est constitutionnel depuis le 5 mars 2007 (1). Et pourtant, on ne peut que constater son inefficacité.
La loi DALO a également créé le droit à l'hébergement opposable avec une procédure quasi identique à celle du DALO. Mais avec une très nette différence : il s'agit d'obtenir une place en hébergement d'urgence totalement saturé qui laisse, pour la seule Ile-de-France, plus de 1300 personnes à la rue chaque soir. Le 115 est submergé par les appels de personnes à la rue : plus de 15 700 appels reçus par jour, 6 000 appels quotidiens de plus qu'en 2018.
Les associations, qui doutaient de la volonté du gouvernement de vouloir lutter efficacement contre ce fléau, soulignent l'absence de moyens financiers, les coupes budgétaires prévues dans le PLF 2020 pour le secteur social, la suppression des emplois aidés, la baisse des APL, la ponction dans le budget du secteur HLM, la réduction des crédits d'hébergement d'urgence, etc.
Mais c'est surtout l'absence de stratégie en direction des plus précaires qui est dénoncée par ces associations. Le plan pauvreté n'a visiblement pas cette vocation. Son véritable objectif semble être la mise en place du revenu universel d'activité dont nous avons expliqué, dans un article (2), la nocivité. La grande précarité, celle qui supprime le toit et défait le droit est un défi qui ne sera visiblement pas relevé.
Le projet de loi relatif à "l'engagement dans la vie locale et la proximité de la vie publique" qui est en discussion au Sénat (3) ne va pas arranger les choses. Dans son article 15, le législateur prévoit d'infliger une amende de 500 euros aux SDF qui s'installent sur la voie publique sous une tente ou un abri de fortune, dans un square, ou même dans une forêt avec interdiction de stocker leurs biens dans un recoin ou de les transporter dans un caddie.
Cette disposition législative pourrait également s'appliquer aux tentes distribuées par les humanitaires et à tout autre SDF habitant un véhicule immobilisé. L'association Droit Au Logement (4) dénonce "une manoeuvre qui permet aux maires de sanctionner encore plus durement les SDF et met en évidence l'hypocrisie du gouvernement." Vouloir cacher les SDF et les chasser des villes, c'est comme casser le thermomètre. Cela ne fait jamais baisser la fièvre.
Sources : Loi1901.com
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