Gabon : Albert Ondo Ossa affirme que la présidentielle du 12 avril 2025 n’aura pas lieu. Actualité Afrique 2050 30 janvier 2025
30 janvier 2025 - 15:06 - 6110vues
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À propos de Félicité Amaneyâ Râ VINCENT
Rédactrice en chef à RADIOTAMTAM AFRICA , Félicité s'engage à façonner la radio de demain pour une Afrique prospère, inspirante , et prête à illuminer le monde.
Ce mercredi 29 janvier 2025, lors d’une conférence de presse au ton résolument offensif, Albert Ondo Ossa, ancien candidat à l’élection présidentielle d’août 2023, a réitéré sa revendication de victoire face à Ali Bongo Ondimba, qu’il accuse d’avoir été renversé par un coup d’État militaire. Refusant de reconnaître la transition dirigée par le général Brice Clotaire Oligui Nguema, Ondo Ossa a annoncé qu’il prêterait serment en tant que président légitime du Gabon et que le scrutin du 12 avril 2025 n’aurait tout simplement pas lieu.
« Nous ferons tout pour empêcher cette élection »
Dès l’ouverture de son discours, Albert Ondo Ossa a donné le ton :
« L’élection fixée par le gouvernement au 12 avril 2025 ne sera ni possible, ni techniquement envisageable. Disons simplement qu’elle n’aura pas lieu et nous ferons tout, je dis bien tout, pour qu’elle n’ait pas lieu. »
Selon lui, seule l’élection du 26 août 2023 est légitime, une élection dont il revendique toujours la victoire.
Une économie en ruine. Il justifie également son opposition à cette élection par l’état critique des finances du pays :
« Notre pays est en faillite. La note de notre économie vient encore d’être dégradée par Fitch Ratings, passant de CCC+ à CCC. »
Dans ce contexte, organiser un scrutin serait, selon lui, un gaspillage de ressources et une manœuvre dilatoire qui détourne l’attention des véritables urgences économiques et sociales du pays.
Un dialogue avec Oligui Nguema ou rien
Albert Ondo Ossa estime qu’aucune élection ne pourra se tenir sans un accord politique préalable. Il exige un dialogue direct avec Brice Clotaire Oligui Nguema, qu’il qualifie de « chef putschiste » :
« S’il devait y avoir une nouvelle élection, elle ne pourrait se tenir qu’avec un accord entre moi, le président élu, et Oligui Nguema. Faute de quoi, rien ne sera possible. »
Il fustige par ailleurs la communication des autorités de transition, accusées de manipuler l’opinion publique :
« Les gesticulations des putschistes et de leur mentor sont nulles et de nul effet. »
« Les militaires retourneront dans les casernes »
Albert Ondo Ossa va plus loin en affirmant que les militaires devront quitter le pouvoir :
« Je suis formel : dans les prochaines semaines, les militaires seront ramenés dans les casernes. Qu’ils se tiennent prêts. »
Il met également en garde contre toute tentative de résistance de leur part :
⚖️ « En cas de refus, ils seront traduits soit devant la CPI pour crimes internationaux, soit devant la justice gabonaise pour détournements et crimes économiques. »
Les grandes lignes de son programme
Albert Ondo Ossa ne se limite pas aux critiques et annonce les mesures clés qu’il compte mettre en place s’il accède au pouvoir :
✔️ Une assemblée provisoire de 60 membres, incluant des représentants de la diaspora, pour élaborer une nouvelle loi électorale.
✔️ Une relance économique sur trois ans, avec une réduction du coût de l’énergie et des carburants.
✔️ Un gouvernement restreint composé de 25 ministres, sélectionnés uniquement sur la base de leurs compétences.
✔️ Le paiement des pensions et des bourses étudiantes, ainsi qu’un renforcement des caisses de la CNSS et de la CNAMGS.
« Il est temps de sauver notre pays »
« Nous devons nous préparer à travailler pour soulager la misère de notre peuple et effacer les humiliations subies. »
Albert Ondo Ossa affirme que les institutions financières internationales, notamment la Banque mondiale et le FMI, sont prêtes à soutenir un nouveau pouvoir légitime si la transition militaire prend fin.
Il conclut son discours par une mise en garde directe aux Gabonais :
« Le choix est aujourd’hui irrémédiablement clair : le redressement avec moi ou le chaos avec Oligui Nguema et ses hommes. »
Une escalade dans la crise politique gabonaise ?
Avec l’annonce de son investiture imminente, Albert Ondo Ossa défie ouvertement la transition militaire et remet en cause la tenue de l’élection présidentielle prévue pour le 12 avril 2025. Cette déclaration pourrait bien marquer un nouveau tournant dans la crise politique que traverse le Gabon.



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